Une vie plus parfaite
23- Ce que j’aime, à vivre seule dans une maison, c’est d’en laisser chacune des portes ouverte. Les portes ne sont plus des barrières. Il n’y a pas de sentinelle placée devant pour protéger ce qui est derrière. On appelle cela – ce qu’il y aurait à cacher – la « quiétude », et elle doit être contenue, enfermée dans un lieu clos. Étouffant . On n’ose ouvrir. Moi, je ne ferme jamais – même la nuit – la porte des chambres. Car je sais que ce n’est pas la quiétude ou la tranquillité qu’on veut y enfermer pour les protéger mais le secret, le caché, le trouble et le dangereux. Je veux au contraire tout voir et tout savoir. Supporter ce que l’on voit au-delà des apparences. Regarder. Écrire en permanence ce qui a été vu, afin de faire retour à sa nature profonde, là où l’on est certaine de se soutenir soi-même à l’intérieur de ses pensées, ses émotions, ses actions et son instinct fiable. S’avertir par ses propres moyens que quelque chose ne va pas. Qu’on a laiss...