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D'un amour douloureux

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En ces jours où monte jusqu'à soi l'orage et où les bruits de la rue parlent tout haut, d'une voix solitaire, des fragments d'envie, de luxure, de vulgarité, viennent frapper mon sens de l'ouïe. Je perds peu à peu conscience du fait que je coexiste à tout cela, que je m'avance réellement, entendant mais voyant à peine. Je me sens à l'écart, étranger, incertain. Je me surprends presque à vouloir crier, car je m'enfonce dans un océan. En de tels moments de terreur suprêmement silencieuse, je ne sais plus ce que je suis matériellement, ce que je fais habituellement, ce que d'ordinaire je veux, je sens et je pense. Je me sens perdu pour moi-même, comme hors d'atteinte. Mon aspiration fiévreuse qui veut produire une chose que pour l'instant je ne comprends pas (même si en fait je la comprends, je m'en souviens parfaitement) et que j'appelle la beauté - tout cela ne me paraît même pas digne d'être pensé, mais inutile, ...

La création différente

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Dans son Journal (oui, j'y reviens toujours), Gombrowicz écrit (écrivait) que "loin d'être l'affaire d'une seule pensée, d'une seule découverte, l'oeuvre d'art est une création née de mille petites inspirations, le produit de quelqu'un qui s'est installé dans sa propre mine et en tire des pépites toujours nouvelles"...  Tout ce qui est pur, en fait de style, commente-t-il, est élaboré . Plus loin, il s'adresse à Milos z, et remonte depuis lui jusqu'à Hegel : "L'art a en lui quelque chose de triomphal, même lorsqu'il se tord les mains de désespoir. Hegel ? Hegel n'a pas grand-chose de commun avec nous, car nous sommes danse . Celui qui ne se laisse point dépouiller saura répondre aux créations du marxisme par une création différente qui ne pourra que nous surprendre par l'inattendu de sa vivante richesse.  Milosz a-t-il eu assez de force pour se dépêtrer de la dialectique qui l'entrave ? S...

The place to be

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The place to be  Nous sommes à une semaine des élections présidentielles et, (j'en ai un peu honte, mais un peu seulement, honte d'avoir honte : la honte finit p ar oublier son objet) en ce dimanche de Pâques je ne suis préoccupée que d'oiseaux (les œufs pondus par mes oiseaux, leur acheter des graines, fabriquer de la pâtée d'élevage... c'est pas de ma faute si la saison de reproduction commence en même temps que la "campagne") et, par ailleurs, mais par certains côtés ce n'est pas très loin, je m'occupe de faire "grandir" mon dernier texte (de littérature, un roman). Encore de l'élevage, en somme. Pour le reste, qui n'est pas ces deux activités, je me trouve absolument seule. En tout cas isolée.  Tout ce que j'entends, tout ce que je vois et m'efforce de lire, qui n'est pas littérature et concerne cette "consultation" électorale, ne m'intéresse guère et/ou me reste en travers du gosier. Ce...