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Affichage des articles associés au libellé Camus

Entre nous (115)

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Samedi 7 sept. 1996   Drôle de journée, ni bonne ni franchement mauvaise. Je ne fais qu'attendre les autres et écouter les doléances de chacun. À la fin ça s'arrange un peu. Nous allons à Ike a acheter un divan et un tapis pour le bureau, récemment rénové. Nous revenons tout doucement à trente à l'heure, avec le divan ficelé sur le toit de la voiture. Je fais des crêpes et nous buvons de la bière en écoutant Ray Charles. Dimanche 8 sept. Marché aux oiseaux avec ma fille pour se procurer les graines que le chardonneret apprécie particulièrement (chènevis). À notre retour nous trouvons le canari blanc mort dans un coin de la nouvelle volière. Je m'en débarrasse en le fourrant dans la petite boîte de transport dans laquelle je l'avais apporté, il y a juste un an. Le chardonneret   a l'air de s'être bien habitué, peu à peu, à son nouvel espace. Au début quand ma fille l'avait pris dans ses mains pour le mettre en volière, il était "tout...

Entre nous (77)

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Vendredi 19 avril 1996 - Ah, au fait, tu l'as fait le petit travail que je t'avais demandé ?... - Quel travail ?... Ah oui, de prendre des notes de lecture sur La litt é rature occup é e , ce bouquin que tu m'as passé ?... - Oui, la liste noire des écrivains, pas reluisants pendant la guerre... Ce qu'ils ont fabriqué pendant ces cinq années, les uns et les autres... J'ai acheté ce livre mais en fait j'ai trouvé après qu'il y avait trop de détails. Je n'avais pas le courage de m'y plonger. La plupart des choses, de ce que j'ai pu lire en le feuilletant, je le savais déjà... - C'est pour ça que tu me l'as refilé... Oui, je l'ai fait. J'ai pris quelques notes, par-ci, par-là. Attends, je les cherche, ça fait trois jours en plus que je les promène dans mon sac... Comme je ne savais pas trop ce qui t'intéressait, j'ai procédé comme ça : relever le nom des écrivains et leur âge en 1939, pendant la guerre, dé...

Encore un ami perdu

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Encore un ami perdu. Vais-je devenir comme Roger, qui à chaque fois ces dernières années que nous nous voyions se désolait de les voir partir un à un, Pascal Pia, Albert Camus, Claude Roy, Romain Gary, Jean-Bertrand Pontalis...? Puis aussitôt après, son âme insoucieuse et sa curiosité intellectuelle et littéraire se ranimant spontanément, il reprenait là où nous en étions restés la fois précédente : "J'ai parcouru votre site Belles plumes, c'est intéressant, et amusant... Continuez. Et le titre est joli." Oui, il faut continuer. Je dirais, presque imperturbablement. Hier, jour de son absence définitive, son "départ" comme on dit rêveusement, l'ami Roger, qui est parti..., ma dentiste m'a déchiré la bouche en essayant de retirer la prothèse que j'ai depuis sept ans recouvrant l'implant d'une molaire dont la vis bouge à l'intérieur, tournant sur elle-même. Une vraie boucherie. Marteau. Fraise. Scie. Pendant presque d...

Au revoir, Roger Grenier

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"Et moi qui parle ainsi - pourquoi écrire ce livre ? Parce que je le sais imparfait. totalement rêvé, ce serait la perfection; écrit, il se déperfectionne : c'est pourquoi je l'écris. Et surtout, comme je défends l'inutile et l'absurde, j'écris ce livre pour me mentir à moi-même, pour trahir ma théorie. Et la gloire suprême de tout cela, mon amour, c'est de penser que rien de tout cela peut-être n'est vrai, et que je ne le crois pas vrai moi-même. Tout est complexe dès lors que l'on pense et la pensée, sans nul doute, rend les choses encore plus complexes. Mais si l'on pense, on éprouve le besoin de justifier son abdication par un vaste programme de compréhension, exposé, comme tous les arguments des menteurs, avec un luxe de détails qui laissent à nu, si on éparpille un peu la terre, les racines de son mensonge. Et quand le mensonge commence à nous procurer du plaisir, disons alors la vérité pour lui mentir. Et s'il est cau...