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Entre nous (124)

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Vendredi 31 janv. 1997  Appelé centre de rééducation, pour un 1er contact. Pas vu Serge Ce qui est impressionnant (par rapport à ma m è re) c'est la fa ç on inattendue dont il semble que je me d é bats. J'ai peur de tomber dans un pi è ge qui m'est tendu, de me laisser glisser tout doucement, et peu à peu, dans la compassion, alors qu'au fond de moi je suis persuad é e qu'il est encore bien trop t ô t, qu'on pourrait m ê me faire autrement. Ce n'est pas manque de courage, ni par flemme, mais je crois qu'il ne faut pas c é der aux tentations de la culpabilit é , et ne pas lui c é der tout court à elle lorsqu'elle appelle à sept heures du matin pour trois fois rien, demandant que quelqu'un accoure. Elle n'est pas en danger et devrait pouvoir ê tre capable d'attendre une heure ou deux dans son lit. En g é n é ral les uns ou les autres, nous ne r é sistons pas à cet appel, et elle le sait bien. Mais elle appelle plut ô t l...

Entre nous (123)

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Lundi 6 janvier 1997   La sciatique de maman. Chez elle, en RER. Serge vient me rechercher (14h) Mardi 7 janv. De nouveau chez maman, le matin. Mercredi 8 janv. Ce n'est pas mon jour de garde. Je vois donc Serge de 15h à 18h. J'ai le sentiment qu'il ne me d é sire plus. Il m'aime toujours, je pense, mais cela ne passe plus par la joie et la douleur d' ê tre avec l'autre. Ce qu'il d é sire, c'est ne pas mourir. Mais pour cela il faut bien au moins essayer de vivre. Et ç a  lui est extrêmement difficile. Plus que pour quiconque. Moi-m ê me, je ne sais plus quoi lui proposer. Quoi inventer pour lui. La vie, je la vis ailleurs, en dehors de lui, mais cette vie l à , sans lui, n'aurait plus tellement d'int é r ê t, je crois,  à mes yeux. Je ne la vis vraiment bien qu'en regard de cette non-vie que chaque jour je partage avec lui. Dans cette non-vie, il y a au contraire de l'autre, la vraie, beaucoup de paroles, un maximu...