Sujet du livre 4
Ce que nous écrivons de mieux, nous ne le cherchons pas. Seulement, pour que ça vienne, il faut être en condition et s’être échauffé auparavant. Or « s’échauffer » c’est avant tout lire, lire d’autres auteurs, et vivre. Ce qui est à vivre, la plupart du temps, éconduit la plume. On n’a plus loisir de libérer sa pensée. Mais vient une époque où on vous laisse un peu tranquille, et alors le corps, moins fatigué, l’esprit moins occupé à des choses passagères qui n’auront plus d’importance le lendemain, l’on se trouve rendue à l’intelligence plus libre, et alors des étendues illimitées de pensée s’offrent à vous. Quel bonheur renouvelé quotidiennement, si on le veut ! Et quel sentiment d’absolue liberté ! Écrire, c'est avoir rendez-vous. Plein plein de rendez-vous ; il y en a sans doute de manqués. Certains jours nous avons la pensée, sans les mots ; et d'autres, que des mots pour penser – tous de trop. On dirait. La réalité est déjà,...