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Entre nous (153)

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Vendredi 9 janvier 1998 D'abord j'ai cherch é à rencontrer Francis, libraire à Millepages , pour lui proposer Mon bel Ilizarov , mais n'ai pas pu le voir. J'en ai parl é à un de ses employ é s qui transmettra au patron. Il fait tr è s beau aujourd'hui. Et doux. D é j à hier on avait pu, Serge et moi, prendre le th é au caf é du lac, dehors, le dos au soleil. On r é it è re la chose cet apr è s-midi. C'est un peu comme une renaissance. Son fils, en plus, a donc termin é ses classes et est rentr é la veille. L'atmosph è re en est plus d é tendue. C'est l'anniversaire de ma fille cadette, qui a seize ans ce jour, et, si elle é tait encore en vie, la m è re de Serge en aurait quatre-vingt-dix-sept... Mais ce n'est pas le cas. On reparle de sa mort. Et des femmes. Et des femmes et de leurs enfants. De leur r ô le, destructeur ou constructif. Du bonheur. De la s é curit é et de la fantaisie. Comment trouver les deux en la m ê m...

Entre nous (51)

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Mercredi 4 mai 1994    RV avec Martine Groult (textes) Auchan Fontenay C'est une sorte de retombée difficile à vivre. Philosophiquement parlant je n'ai plus rien à faire avec les philosophes. Quand je les lis, même les plus proches, qui ne sont d'ailleurs plus ceux qui m'étaient proches par le passé, cela me donne seulement l'envie de vivre plus, de vivre mieux. Et de lire moins. Il y a de moins en moins de mots pour m'accompagner dans cette vie. Je ne veux plus en passer uniquement par eux. Et pourtant, sans eux, il y a comme un manque qui, en profondeur, m'atteint. Je dois "descendre" dans la vie pour me sentir de plain pied avec elle et je n'y parviens que pour des choses rares qui me paraissent essentielles. Marcher sous le soleil du matin, notre vieille tante de quatre vingts ans, accrochée à mon bras. Régler mon pas sur le sien, avancer tout doucement à pas menus, l'écouter parler d'Amour (chez les catholiques, il s...