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Entre nous (185)

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Mardi 18 ao û t 1998 Nous sommes rentrés, les enfants et moi, le samedi 15 août. Fin du séjour à Trouville, qui s'est, comme on dit et pour faire simple, vraiment bien pass é . Serge était plus présent, plus tendre, la dernière semaine. Plusieurs fois, il a dîné avec nous ou bien il est venu prendre le café sur la terrasse. On aurait dit que la présence de mes filles le stimulait. Il les observait, les écoutait, discutait avec elles. Parlait de cinéma avec la plus jeune, d'histoire (les cours, à la fac) et "de boxe" avec l'aînée... Il semblait momentanément sorti de sa profonde léthargie. Leur jeunesse et leur beauté (et vive intelligence, "rafraîchissante") l'arrachaient pour quelques instants à son isolement neurasthénique. Du coup, moi aussi j'ai pu profiter un peu de ces lueurs soudaines de vie en lui, dont je désespérais de ne plus les entrevoir, et ainsi le retrouver tel que je l'aime... Une de ces soir é es tranquill...

Ceci est un conte

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J'ai dû expliquer à quelqu'un qui a lu un chapitre (et un seul, apparemment) de Dernier amour et qui m'en veut d'avoir "étalé au grand jour" pensant s'être reconnu dans un des personnages extrêmement secondaire du roman, un élément autobiographique (cela fait toujours ça quand un texte devient livre, alors que la parole partout essaimée en dépit du bon sens ne gêne personne) que toujours, on mêle, lorsqu'on écrit, des éléments de vie réelle à d'autres (ré-expliquer en fait, on ne fait que ça !) et que la "discrétion" que cette personne m'avait demandée (je n'aime pas qu'on me confie "un secret"), il y a plus d'un an à présent, elle l'avait eue. Je n'ai parlé de rien, à personne. J'ai écrit.  Pour tout lecteur-lectrice, il faudrait bien apprendre à faire la différence entre la vie réelle et la littérature. Je m'étonne toujours d'avoir à ré-expliquer cela, qui semble pourtant limpide. ...

La foi en l'action

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La foi est la condition sine qua non de nos actions, pense Pessoa. Non, ce n'est pas tout à fait ce qu'il écrit. Fragment 304 du Livre de l'intranquillité, on peut lire : La foi est l'instinct de l'action . Et la mauvaise foi, j'ajouterais, encore plus pessimiste que l'écrivain lui-même, en est un second... Nous croyons en chacune de nos actions - nous sommes obligés d'y croire - que nous entreprenons, même si celles-ci présentent à l'avance toutes les apparences de l'inutile ou du non-indispensable et sont, pour la plupart, vouées à l'échec ou tout du moins à une certaine forme d'imperfection.  Il y a déjà un bout de temps que je ne m'interroge plus tellement sur mes actions réelles. Je fais. Je fais comme je sens. Et je fais, oui, comme mon instinct me guide. Sans m'épuiser à réfléchir.  Mais je veux parler de l'oeuvre. Pas des œuvres de notre vie, qu'il faut, toutes, dans la mesure du possible, mener ...

Plus besoin

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"La mort est une libération, car mourir c'est n'avoir plus besoin de personne. Le malheureux esclave se voit libéré, par force, de ses plaisirs, de ses chagrins, de cette vie désirée et interminable. La mort ennoblit, et revêt d'atours inconnus ce pauvre corps absurde. C'est qu'il est libre désormais, même s'il ne voulait pas l'être. A son tour le mort peut être monstrueux, mais il est supérieur, car le voici libéré par la mort." C'était une mini-cérémonie bouddhiste, l'inhumation des cendres dans le caveau familial de ma voisine. Le fossoyeur un jeune homme, musclé,en t-shirt gris avec inscriptions colorées sur le devant, est descendu dans le trou profond après avoir descellé la lourde pierre tombale, y déposer l'urne contenant les cendres, tandis que nous tenions, les cinq voisins d'immeuble de la défunte et sa famille, un bâton d'encens allumé et qu'autour de nous flottaient des dizaines de petits drapeaux bleu-b...