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Entre nous (137)

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Jeudi 2 octobre 1997 Je vais, à jeun, à neuf heures, passer une é chographie abdominale. Rien. Tout est normal. Tant mieux. Je n'en saurai pas plus sur mes douleurs r é guli è res "au sternum". Mais ç a ne fait rien. Je n'ai pas appr é ci é qu'une secr é taire me fasse mettre torse nu sur la table d'examen "en attendant le docteur"... Voir quelqu'un pour la premi è re fois, un homme, lui habill é , et moi nue, cela n'est pas naturel. Les premiers mots é chang é s sont in é quitables. On se sent devenir un corps et rien d'autre. Je ressors contente de ne pas avoir, pour l'instant, besoin de me replonger dans cet univers-l à . L'apr è s-midi j'accompagne mon fils avec sa classe à une sortie au bois. Il marche et joue pendant une heure, debout, soutenu à peine par ses b é quilles. Ses camarades sont gentils, ils font attention à lui et l’intègrent du mieux qu'ils peuvent, et qu'il peut, lui, à...

Entre nous (59)

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Lundi 12 sept. 1994     Lac des Minimes - Alors, comment ça va ? - Malade . Je tousse, je crache, tu vas vite te rendre compte par toi-même... Au début, j'ai même craché du sang... - Ah ça, c'est peut être que c'est la fin du rhume. Ça arrive des fois... - Mais non, c'est le début, je te dis. J'ai trop fumé dans ma vie, et dernièrement... Plus de deux cigarettes par jour déclenche une sorte d'irritation, puis la bronchite. - Tu fumes encore ? Je croyais que tu avais arrêté... - Je fume quand je m'ennuie, ou bien quand je suis en compagnie. Avec des personnes qui vont mal, qui comptent sur moi, qui me prennent pour leur psychothérapeute... - Tu as l'air de bien aimer ça pourtant, on dirait parfois... - Non, pas spécialement, je m'attache à ce rôle, c'est pas la même chose. Mais ça me rend nerveux, même lorsque je m'en acquitte bien. Tu ne le sais pas mais autour de moi beaucoup de gens vont mal. Mais au fond, tout au f...

Maudit échafaudage

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Robert Pinget (1919-1997) et Fernando Pessoa (1888-1935), sans les comparer mais à les lire parallèlement, à trente années d'intervalle dans leur mode d'expression se ressemblent étrangement. Voyons plutôt. Pessoa : Je voudrais que la lecture de ce livre vous laisse l'impression d'avoir traversé un cauchemar voluptueux. Je suis comme un homme qui chercherait distraitement quelque chose et qui, entre la quête et le rêve, aurait oublié ce que c'était. [comme le "quelqu'un" de Pinget, et son fameux "papier", qu'il cherche encore] Plus réel que la chose absente et recherchée devient le geste réel des mains visibles qui cherchent, remuent, dérangent, replacent, et qui existent bel et bien, blanches et longues, avec leurs cinq doigts chacune exactement. Tout ce que j'ai eu, oui, se résume à n'avoir pas su chercher. Tout ce que je suis ou ai été, tout ce que je crois être ou avoir été, tout cela perd soudain - dans ces réflex...

La lente analyse

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Jusqu'à présent (mais cette ressource en moi pourrait se tarir un jour) il n'y a rien que je ne puisse guérir par une (bonne) lecture. [cette phrase, sortie direct comme derrière de mes yeux au moment où je baissais les paupières, car ils me picotaient]. Soudain - et j'aurais aimé plutôt m'endormir quelques instants - je me suis mise à penser aux choses que, par-dessus tout, je ne voudrais pas qu'il m'arrive, et à en dresser la liste, par ordre d'importance. Je ne voudrais pas - surtout pas ! - perdre la vue. L'ouïe, à la rigueur... à part pour la musique... mais dans la rue, ce serait un avantage de ne plus entendre ce bruit, ce brouhaha, ces crissements, ces cris constants qui me font comme tournoyer sur moi-même, par moments totalement perdue, et me donnent rapidement envie de rentrer. Quelque part ou chez moi. Mais si je n'entendais plus, je n'écouterais plus non plus chanter les oiseaux. Ce silence-là me ferait drôle. Et m'...

Le beau papier

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50 feuilles A4, papier japonais amanuro naturel (les meilleurs papiers sont japonais ou népalais ou persans, qu'on se le dise et que je le dise, ici), prix 55€ : ce que je me suis offert, dans un magasin du Bd Voltaire, Paris 11ème (au 197, pour être vraiment précise), deux toutes jeunes femmes, l'une aux bras aimablement tatoués de partout, pour chercher avec toi (sans s'impatienter) le "bon", celui où il sera plaisant d'écrire en restant proche mais pas trop, de mon ancien (papier), pour que je ne sois pas dépaysée. (certaines personnes me disent esclave des mots... j'espère pas, des "bons mots"... et d'autres que j'abuse, depuis quelques mois, des parenthèses... Cette critique-là est plus judicieuse, car c'est vrai, j'en abuse, ne fermez pas tout de suite celle-ci, pour la raison qu'"en ligne" parfois, en certains lieux, l' italique  n'est pas permis ce qui du coup me force à user et abuser des gui...

Deux hommes réels

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Dresser la liste (leur nom) des personnes dont j'attends réponse concernant question ayant trait à Dernier amour -le Livre ( mon livre) = son achat, ses ventes, l'envoi pour lecture à des gens qu'il "intéresse", l'ont fait savoir ; prêt, "gracieux"... mais faut en plus leur apporter; don, forcément "gratuit", pour ceux qui ne veulent pas l'acheter (ça, ce sont les journalistes, qui se croient tout permis parce qu'ils signent leur mail avec à côté un numéro de "carte de presse"...). Cette liste, ces noms, à noter, pour un jour m'en souvenir car ils vont vite, très vite, pour moi tomber dans l'oubli le plus complet... Quand, en face du nom, j'écrirai "O", au bout d'un certain temps, c'est que cette personne soit ne m'aura pas répondu, soit elle l'aura fait mais négativement (style : "désolé(e), merci, mais je n'ai pas le temps de lire", "il coûte trop cher...

Rien d'anormal

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Cela a duré toute la nuit. Probablement non, d'ailleurs, mais il n'y avait plus de notion de temps. La plupart des scènes avaient lieu le jour. On ne savait pas quand elles démarraient ça venait comme ça mais une impression fugitive soudain nous faisait réaliser, à certains détails, aux personnes qui circulaient à l'intérieur des plans, à leur tête, à leur activité aussi, "lente" comme filmé au ralenti, qu'on y était, qu'on avait pénétré dans cet autre monde, celui recréé, qui n'était pas le vrai et où, comme d'autres, on était testés, mis à l'épreuve, évalués, soumis à l'étude qui à la fin allait nous écarter ou bien nous admettre dans la nébuleuse. Je me demandais souvent ce que moi, s'ils me retenaient, ils pourraient bien me faire faire. À quoi je leur serais utile. Je ne trouvais pas la réponse. Tout était si mystérieux - non, pas mystérieux - répondait plutôt à des règles et des lois minutieusement établies qui toutes réunie...

Hep! mademoiselle...

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Hep, Mademoiselle, vous oubliez votre foulard !... (c'est le titre, complet) Retour de voyage (2). Quelques éléments de mon récent (petit) voyage et surtout ceux du cadre qu'a formé autour de celui-ci l'aller-retour en train, certains moments particuliers ou non, ceux aussi quelconques, me reviennent par bribes avant je le sais de finir par s'estomper peu à peu jusqu'à disparaître pour toujours. Voyager en train me fait toujours penser, plus qu'en auto ou en moto car dans le train, il y a les autres, tous les autres (surtout "en gare") qui ne sont pas le minuscule petit cercle des proches avec lesquels on se sent comme enfermés. Et eux, les autres voyageurs (comme toi) qui partent "bêtement" en vacances me fascinent par ce fait que je ne me lasse pas d'observer qu'apparemment quelque chose dont j'ignore la nature et la raison les empêche de se rendre vraiment compte qu'ils font "nombre"... et de s...