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Affichage des articles associés au libellé Pessoa

Coquilles, amours, drogues

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"Ces être rares"... (sans "s"), je lis en page 84 du Folio Gallimard 6376, portant titre Une jolie fille comme ça , de Alfred Hayes, écrit en 1958 (traduit de l'américain par Agnès Desarthe), et cette coquille d'impression me fait pâlir de jalousie. Une coquille, celle-là, de pure littérature... Car parfois, elles peuvent être intéressantes. On s'y arrête, et l'on pense - autour... Pas comme dans mon livre à moi où - mais QUI m'a fichu ça? je veux des noms ! - en page 82, ligne 3 à partir du bas, ce sont les "rennes" (ceux du Père Noël?) que je ne tenais plus......... Moi : une coquille de honte , oui ! pas une de rêve... j'ai eu droit à ça, pour mon Dernier amour (comme en prime, quoi), qui sera aussi probablement mon dernier livre, je me dis ça en ce moment... me souvenant des moments d'énervement, découragement, lassitude durant la dernière étape de la fabrication, en juillet.   (A propos de coquilles -...

Faux dialogue, véritable approche

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Ah. Enfin un dialogue (même s'il sonne "faux") en page 382 du Livre de l'intranquillité ! Fernando Pessoa l'introduit comme suit : "Je ne laisse jamais deviner à mes sentiments ce que je vais leur faire sentir... Je ferme brusquement quelques portes au fond de moi, car certaines sensations allaient les franchir pour se faire jour. Je retire soudain de leur chemin tous objets qui allaient leur imprimer certains traits. De petites phrases dénuées de sens, glissées dans les conversations que nous croyons tenir; des affirmations absurdes, faites des cendres d'autres phrases qui déjà, par elles-mêmes, ne signifient rien. LUI : - Votre regard reflète réellement le désir d'avoir la nostalgie de quelque chose... Il lui manque le sentiment qu'il exprime... Je retrouve dans la fausseté de votre expression une quantité d'illusions que j'ai eues autrefois... ELLE : - Il m'arrive d'éprouver ce que je dis, croyez bien... et mê...

Un peu de philosophie ? 2

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Les "romantiques", ceux que l'on appelle ainsi, d'après Pessoa, n'ont en fait  pas d'autre point commun que leur évidente sentimentalité; mais chez les uns, la sentimentalité désigne l'impossibilité d'utiliser activement son intelligence, chez les autres, elle désigne l'absence de l'intelligence elle-même. Un Chateaubriand et un Hugo, un Vigny et un Michelet sont le fruit de la même époque. Mais un Chateaubriand est une grande âme qui a rapetissé, un Hugo est une âme médiocre, qui a enflé avec le vent de son temps; un Vigny est un homme de génie, obligé de prendre la fuite; un Michelet est une femme obligée, elle, de devenir un homme de génie [ ??? pas compris ce que FP veut signifier ici... à moins qu'il mette en cause la véritable épouse de Michelet, qui a détourné son oeuvre?]. Et chez leur père à tous : Jean-Jacques Rousseau, se trouvent les deux tendances réunies. En lui l'intelligence était celle d'un créateur, la s...

Un peu de philosophie ? 1

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Un peu de philosophie, ça vous dit ? Non... pas forcément... eh bien vous allez en avoir quand même... (l'avantage, ici, personne n'est obligé de lire) et ça va être long car, bien sûr, "du Pessoa"... long, et pessimiste, et par les temps qui courent, il nous faudrait du Frédéric Lenoir, plutôt... Accrochez-vous, donc, car tout y passe. Comme dans une longue insomnie. L'art disparu, les sentimentalités différentes, le fait que je ne puisse pas lire, me distraire, rêver sans que... le scepticisme débarque et que mon opium pour le dépasser soit dans mon âme, et là seulement... La sagesse... notre intelligence instinctive d'animaux inférieurs, l'existence du mal, qu'on ne peut pas nier, mais peut-on se refuser à admettre que cette existence même du mal soit mauvaise?... Etc. Ce qui demeure, c'est notre imperfection en toutes choses. Cela oui, existe.  Et ça commence, justement, par une insomnie.  Je vais tenter de "résumer". ...

D'un amour douloureux

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En ces jours où monte jusqu'à soi l'orage et où les bruits de la rue parlent tout haut, d'une voix solitaire, des fragments d'envie, de luxure, de vulgarité, viennent frapper mon sens de l'ouïe. Je perds peu à peu conscience du fait que je coexiste à tout cela, que je m'avance réellement, entendant mais voyant à peine. Je me sens à l'écart, étranger, incertain. Je me surprends presque à vouloir crier, car je m'enfonce dans un océan. En de tels moments de terreur suprêmement silencieuse, je ne sais plus ce que je suis matériellement, ce que je fais habituellement, ce que d'ordinaire je veux, je sens et je pense. Je me sens perdu pour moi-même, comme hors d'atteinte. Mon aspiration fiévreuse qui veut produire une chose que pour l'instant je ne comprends pas (même si en fait je la comprends, je m'en souviens parfaitement) et que j'appelle la beauté - tout cela ne me paraît même pas digne d'être pensé, mais inutile, ...

Au revoir, Roger Grenier

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"Et moi qui parle ainsi - pourquoi écrire ce livre ? Parce que je le sais imparfait. totalement rêvé, ce serait la perfection; écrit, il se déperfectionne : c'est pourquoi je l'écris. Et surtout, comme je défends l'inutile et l'absurde, j'écris ce livre pour me mentir à moi-même, pour trahir ma théorie. Et la gloire suprême de tout cela, mon amour, c'est de penser que rien de tout cela peut-être n'est vrai, et que je ne le crois pas vrai moi-même. Tout est complexe dès lors que l'on pense et la pensée, sans nul doute, rend les choses encore plus complexes. Mais si l'on pense, on éprouve le besoin de justifier son abdication par un vaste programme de compréhension, exposé, comme tous les arguments des menteurs, avec un luxe de détails qui laissent à nu, si on éparpille un peu la terre, les racines de son mensonge. Et quand le mensonge commence à nous procurer du plaisir, disons alors la vérité pour lui mentir. Et s'il est cau...

Ardeurs de la tiédeur

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Des fois je me dis que je suis plus désespérée encore que le Désespoir lui-même. Et puis ça passe. Hier (peut-être n'aurais-je pas dû entreprendre cela le soir - j'étais fatiguée, les commandes de mon cerveau, hors service), j'ai voulu vérifier sur le site Gallica de téléchargement gratuit de la BNF si je trouvais mon manuscrit écrit à la main dont le titre est Un été avec Gombrowicz, by Danièle Sastre. Nenni. Je n'y suis pas arrivée. Soit je suis tellement nulle que je n'ai pas été fichue de lancer correctement la recherche en remplissant une à une les bonnes cases, soit il n'y est même pas. Dans leur (immense) catalogue. C'est fou. Gombrowicz, tout de même ! D'accord, si j'avais orienté ma recherche "par titres" en tapant Dernier amour, j'aurais admis volontiers qu'il n'y figurait pas. Mais Gombrowicz ! Est-ce que ce sera la même chose, le même oubli, le même trou noir, pour "mon" Pessoa?  Revenons à lui, d...

Ceci est un conte

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J'ai dû expliquer à quelqu'un qui a lu un chapitre (et un seul, apparemment) de Dernier amour et qui m'en veut d'avoir "étalé au grand jour" pensant s'être reconnu dans un des personnages extrêmement secondaire du roman, un élément autobiographique (cela fait toujours ça quand un texte devient livre, alors que la parole partout essaimée en dépit du bon sens ne gêne personne) que toujours, on mêle, lorsqu'on écrit, des éléments de vie réelle à d'autres (ré-expliquer en fait, on ne fait que ça !) et que la "discrétion" que cette personne m'avait demandée (je n'aime pas qu'on me confie "un secret"), il y a plus d'un an à présent, elle l'avait eue. Je n'ai parlé de rien, à personne. J'ai écrit.  Pour tout lecteur-lectrice, il faudrait bien apprendre à faire la différence entre la vie réelle et la littérature. Je m'étonne toujours d'avoir à ré-expliquer cela, qui semble pourtant limpide. ...

La foi en l'action

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La foi est la condition sine qua non de nos actions, pense Pessoa. Non, ce n'est pas tout à fait ce qu'il écrit. Fragment 304 du Livre de l'intranquillité, on peut lire : La foi est l'instinct de l'action . Et la mauvaise foi, j'ajouterais, encore plus pessimiste que l'écrivain lui-même, en est un second... Nous croyons en chacune de nos actions - nous sommes obligés d'y croire - que nous entreprenons, même si celles-ci présentent à l'avance toutes les apparences de l'inutile ou du non-indispensable et sont, pour la plupart, vouées à l'échec ou tout du moins à une certaine forme d'imperfection.  Il y a déjà un bout de temps que je ne m'interroge plus tellement sur mes actions réelles. Je fais. Je fais comme je sens. Et je fais, oui, comme mon instinct me guide. Sans m'épuiser à réfléchir.  Mais je veux parler de l'oeuvre. Pas des œuvres de notre vie, qu'il faut, toutes, dans la mesure du possible, mener ...

Plus besoin

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"La mort est une libération, car mourir c'est n'avoir plus besoin de personne. Le malheureux esclave se voit libéré, par force, de ses plaisirs, de ses chagrins, de cette vie désirée et interminable. La mort ennoblit, et revêt d'atours inconnus ce pauvre corps absurde. C'est qu'il est libre désormais, même s'il ne voulait pas l'être. A son tour le mort peut être monstrueux, mais il est supérieur, car le voici libéré par la mort." C'était une mini-cérémonie bouddhiste, l'inhumation des cendres dans le caveau familial de ma voisine. Le fossoyeur un jeune homme, musclé,en t-shirt gris avec inscriptions colorées sur le devant, est descendu dans le trou profond après avoir descellé la lourde pierre tombale, y déposer l'urne contenant les cendres, tandis que nous tenions, les cinq voisins d'immeuble de la défunte et sa famille, un bâton d'encens allumé et qu'autour de nous flottaient des dizaines de petits drapeaux bleu-b...

Écrivains, lieux, époques...

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Littérature. Écrivains. Lieux. Époques. Je lis en ce moment plusieurs livres (Pessoa-Lisbonne 1930, mort en 35 n'a pas connu la 2ème guerre - Alfred Hayes-Los Angeles 1958 et avant, cet été, j'ai lu Gombrowicz-Argentine-Pologne 1953-69 - Stella Gibbons-Londres 1944, son Célibataire , qui se passe sous les bombardements de 43 - Mon Quelqu'un , de Pinget-France 1965, et je viens de finir ce Cher lecteur de G. Picard-France 2017) et, je dois dire, à part le dernier peut-être qui est plus profondément désespéré sous des dehors enjoués et humoristiques, j'ai l'impression que pour chacun de ces écrivains, l'écriture - la littérature traversant des époques et des lieux différents que cette écriture est devenue - est un puissant ressort d'enthousiasme "malgré tout", d'attentes-exigences concernant la vie, même parmi ceux les plus renfrognés ou exilés dans leur solitude d'écrivain. Et les plus désillusionnés. Je me demande si ce n'est...