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Affichage des articles associés au libellé Journal II

Solitude aoûtienne

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Je poursuis mon idée... Le problème (le seul à vrai dire) c'est qu'il rentre dans la catégorie du plus grand nombre et qu'il n'en a absolument pas conscience. Du coup, il fait comme s'il était beau, intéressant en soi, par "nature", actif et dynamique, bon père de famille, époux (presque) irréprochable, reconnu professionnellement, et que toute femme sur laquelle il jette son (maigre et paresseux) dévolu doit obligatoirement se mettre à ses pieds, se prosterner devant lui et ne plus pouvoir se passer de sa présence. Si non, comprend pas. Quelque chose lui échappe. Si la dame ne se pâme pas, n'a pas besoin de lui pour vivre et même s'en passe très bien, par la magie étourdissante du déni, il fait comme s'il n'avait rien remarqué. Rien constaté de particulier. Dialogues de sourds. Et insiste. Ça peut prendre des mois, plus d'une année s'il le faut, mais il parviendra (s'en persuade en tout cas) à ses fins. En cela, il est p...

Le plus près possible de la vérité

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Witold Gombrowicz à Vence, 1965, photo Bohdan Paczowski Le plus près possible de la vérité... Commencer la nouvelle journée, nuageuse et morose, celle du 8 août - il est 7h - par un salut à celui qui s'en est allé hier (pour moi), et en retrouvant son Journal II, puisque Kronos, c'est fini... "Il s'assied - il s'assied peut-être trop volontiers, ou alors trop vite, ou alors c'est que la chaise est très proche - toujours est-il que je suis rebuté par son air atrocement absent. Dans ce silence je me fis humble, et je sentis une sorte de vide, comme si une gomme avait tout effacé. Rien. Et moi, je ne savais toujours pas ce qui se passait en Simon, bien que je fusse comme lui, identique, et seul à seul avec lui ! Lui non plus ne savait rien de moi. Déjà liés pourtant, déjà isolés, stigmatisés. Nulle part autour il n'y avait de salut! pas la moindre parcelle. Il fallait me débarrasser de lui. Mais comment m'en débarrasser ? J'ignorais totalem...

Lumière pour tisser

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Il est des jours où la lumière se prête particulièrement à l'art du tissage. On ne sait pas pourquoi. Il y a comme un appel quand les rayons viennent caresser la trame du métier à tisser. Et la musique aussi. Je mets sur la platine la sonate n°2 (1936) de Paul Hindemith interprétée au piano par Sviatoslav Richter, et c'est parti... La suivante est bien aussi, plus enlevée, surprenante : Ludus Tonalis. Hindemith est mort en 63, ça me fait penser - tout en tissant - qu'aujourd' hui, j'ai perdu un ami : je viens de terminer lecture de Kronos, journal privé de Gombrowicz, et la "dernière année", 1969, est épouvantable...  65 ans, il souffre, s'engueule avec sa femme, 35 (qu'il épouse in extremis), griffe sur la page ses déboires éditoriaux et ses débuts de succès qu'il ne verra pas, il le sait... la liste des médocs, interminable, fait le point sur sa déchéance. Le pauvre; ça m'a rendue vraiment triste. Au début, hier soir et ce matin...

L'intelligence a besoin d’Éros

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L' Existentialisme 6 , selon Witold Gombrowicz (reprenons...) Cette fois, ces pages du Journal 2 pourraient s'intituler L'intelligence a besoin d’Éros ... "Jeudi" [nous sommes en 1960, WG est toujours en Argentine; de Buenos Aires, il va faire un séjour à Montevideo]. "Lettre importante de Rena : " Porno , meilleur livre du siècle en Pologne." La Pornographie . Deux messieurs d'un certain âge tiraillés vers le bas... vers la chair, les sens, la jeunesse... En écrivant ce livre je me sentais mal à l'aise. Mais le "physique" m'était nécessaire, indispensable même, comme contrepoids à la métaphysique. D'ailleurs la métaphysique appelle la chair. Je ne crois pas en une philosophie non érotique. Je ne fais pas confiance à la pensée quand elle se délivre du sexe... Evidemment, il est difficile de concevoir la Logique hégélienne sans s'abstraire de la chair. Mais l'intelligence pure doit retourner se fond...