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Affichage des articles associés au libellé Levinas

Entre nous (76)

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Printemps 1996 - Pourquoi me regardes-tu ainsi ? - Tais-toi, ne bouge pas... - Que vois-tu ? - Ta beaut é , mais pas seulement. C'est d'autre chose qu'il s'agit. Quelque chose auquel j'ai acc è s avec toi, quand je le d é cide. - C'est bizarre... Cela ne d é pend pas du tout de moi, alors... - Pas vraiment, non. Mais il faut tout de m ê me que tu participes un peu. - Comment ? - Que tu te laisses faire au moins. Ce qui est rarement le cas. - Bref, c'est de la manipulation. - Appelle ç a comme tu veux. - Mes yeux me br û lent à soutenir ton regard. Je ne vois rien , moi. Je suis jalouse de ce que tu vois, de la certitude, cette sorte de garantie que tu as, de ce que tu vois... Et je pense que tu te trompes : je ne suis pas l à o ù tu crois que je suis. Tu ne vois que l'apparence, la fa ç ade, mais ce n'est pas mon vrai visage. Tu mets en lui ce que tu veux, ce que tu d é sires y trouver. Il te parle avec tes propre...

Entre nous (75)

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Mercredi 10 mai 1995 Il y a eu le 1er mai et un marocain jeté dans la Seine par des racistes. Le 1er mai, et une belle lettre reçue le lendemain. "L'heure est à se perdre dans les champs, lire de temps à autre à l'ombre d'un arbre, regarder la rivière et avoir des pensées belles et légères, comme celle qui souffle doucement dans mon esprit : penser à vous ou pour vous ou avec vous... C'est une pensée que j'ai, tous les ans à ce jour. Même loin, à l'autre bout du monde. Dans cette pensée, je lie et relie ma jeunesse à la vôtre. Le 1er mai 1975, c'était la première fois que je voyais, à Paris, les ouvriers, les syndicalistes et beaucoup d'autres, manifester. C'était interdit dans mon pays. Toute la journée il m'arrivait de les suivre, en pleurant. Naïvement, je croyais qu'ici c'était une terre de liberté... Que ça pouvait exister." En vrai, ici même, il y a eu les élections et toute leur mise en scène dramatisa...

Entre nous (51)

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Mercredi 4 mai 1994    RV avec Martine Groult (textes) Auchan Fontenay C'est une sorte de retombée difficile à vivre. Philosophiquement parlant je n'ai plus rien à faire avec les philosophes. Quand je les lis, même les plus proches, qui ne sont d'ailleurs plus ceux qui m'étaient proches par le passé, cela me donne seulement l'envie de vivre plus, de vivre mieux. Et de lire moins. Il y a de moins en moins de mots pour m'accompagner dans cette vie. Je ne veux plus en passer uniquement par eux. Et pourtant, sans eux, il y a comme un manque qui, en profondeur, m'atteint. Je dois "descendre" dans la vie pour me sentir de plain pied avec elle et je n'y parviens que pour des choses rares qui me paraissent essentielles. Marcher sous le soleil du matin, notre vieille tante de quatre vingts ans, accrochée à mon bras. Régler mon pas sur le sien, avancer tout doucement à pas menus, l'écouter parler d'Amour (chez les catholiques, il s...