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Affichage des articles associés au libellé Claude Roy

Entre nous (83)

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Jeudi 13 juin 1996 Le surlendemain de ma visite à Roger rue Sébastien-Bottin (je voulais même le faire dès le lendemain, mardi, mais j'ai pensé qu'il ne valait mieux pas), je l'ai rappelé pour lui demander si, à son avis je n'aurais pas dû conserver la feuille sur laquelle il avait noté ses critiques et remarques. Car je ne me souvenais pas de toutes... "Non, non, a-t-il fait, elle était illisible d'ailleurs, sauf pour moi, et de toutes manières je vous ai dit tout ce qu'elle contenait. Mais je suis content que vous m'appeliez car j'étais en train de me demander si je n'allais pas vous écrire un petit mot pour vous dire combien j'ai aimé vos poèmes... C'est cette poésie-là, que moi j'aime. J'ai hâte que Claude Roy revienne, pour pouvoir lui donner ceux que vous m'avez remis à son intention..." Je n'aurai pas son "petit mot" du coup. Dommage... J'aurais mieux fait de ne pas appeler. Pour rien,...

Entre nous (82)

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Lundi 10 juin 1996 La semaine dernière, j'ai reçu un appel de Roger Grenier. Il voulait me dire qu'il avait lu mon manuscrit ( Pas d'histoire , le titre) et l'avait trouvé "intéressant"... Il y a un style, vraiment... mais aussi beaucoup de fautes...  A ï e . Il faudrait que l'on revoie tout ça ensemble, quel jour vous convient-il ? Je bredouille : Non mais vous , dites... votre jour sera le mien. Ça m'ira... (je ne sais même plus quelles formules il faut employer dans ces cas-là). Il me propose donc de venir à son bureau, "chez Gallimard, 5 rue Sébastien Bottin", précise-t-il (je la connais, l'adresse...)... Eh bien... voyons... attendez... je regarde mon agenda... mettons, lundi matin, 10h30 ?... Ça vous va ? Entendu! À bientôt, alors... On raccroche. Tout un tas d'événements familiaux, depuis le jour de son appel, mardi, m'ont empêchée de "revoir  ma copie" (fiston hospitalisé 24h à Trousseau pour ...

Entre nous (77)

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Vendredi 19 avril 1996 - Ah, au fait, tu l'as fait le petit travail que je t'avais demandé ?... - Quel travail ?... Ah oui, de prendre des notes de lecture sur La litt é rature occup é e , ce bouquin que tu m'as passé ?... - Oui, la liste noire des écrivains, pas reluisants pendant la guerre... Ce qu'ils ont fabriqué pendant ces cinq années, les uns et les autres... J'ai acheté ce livre mais en fait j'ai trouvé après qu'il y avait trop de détails. Je n'avais pas le courage de m'y plonger. La plupart des choses, de ce que j'ai pu lire en le feuilletant, je le savais déjà... - C'est pour ça que tu me l'as refilé... Oui, je l'ai fait. J'ai pris quelques notes, par-ci, par-là. Attends, je les cherche, ça fait trois jours en plus que je les promène dans mon sac... Comme je ne savais pas trop ce qui t'intéressait, j'ai procédé comme ça : relever le nom des écrivains et leur âge en 1939, pendant la guerre, dé...

Entre nous (73)

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Lundi 10 avril 1995 J'écris maintenant dans un carnet qui ferme à cl é . C'est une étrange impression de sécurité. Cela fait quatre ans que j'écris des choses "intimes", dans des carnets ouverts à tout vent, que j'ai renoncé à planquer, car cela me semble inutile : personne ici, dans la maison, ne s'intéresse à eux (j'allais dire ne s'intéresse à moi ...) et c'est tant mieux. Chacun a sa vie et la mène librement, harmonieusement, "à côté" des autres, mais pas dans la fusion avec l'autre. Aussi, ce carnet fermé, qui peut traîner sans inciter à sa lecture, me laisse une totale liberté... (encore que, le fait justement qu'il soit verrouillé  peut au contraire attirer la curiosité : aurais-je des secrets , peut-on se dire, quelque chose à cacher...) Non... une totale liberté... de ne rien dire ! Plus de provocations, plus de transgression, fini ! Je suis seule avec moi-même, il n'y a plus, en arr...

Entre nous (70)

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Ce livre a été réédité maintes fois, depuis cette édition-là, en 1928 Vendredi 10 févr. 1995   Au marché : trouver suite du déguisement de "cavalerie" pour fiston. Fatiguée car fille aînée rentrée à 2h du mat (baby-sitting, first time ), je l'ai attendue. Croix de Chavaux. Quelques pas au bois (Porte Jaune). Calmes, on est calme. Quand il a appelé, à 15h, je dormais. Après, tout va très vite. Je suis contente de le retrouver car je me suis réconciliée avec moi-même. Lui-même paraît pétri de bonnes intentions, et d'emblée sans avoir encore lu ma lettre (ma lettre d'excuses), il me parle bien, simplement et tendrement. Pas d'ironie, pas d'amertume, pas de cynisme. Il est gentil, c'est tout. Je n'en demande pas plus. C'est étonnant : il aura fallu toute cette crise pour que je sache vraiment ce que j'attends de lui, qui paraît peu mais qui est énorme à mes yeux : de la gentillesse ! Et cette gentillesse, c'est a...

Encore un ami perdu

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Encore un ami perdu. Vais-je devenir comme Roger, qui à chaque fois ces dernières années que nous nous voyions se désolait de les voir partir un à un, Pascal Pia, Albert Camus, Claude Roy, Romain Gary, Jean-Bertrand Pontalis...? Puis aussitôt après, son âme insoucieuse et sa curiosité intellectuelle et littéraire se ranimant spontanément, il reprenait là où nous en étions restés la fois précédente : "J'ai parcouru votre site Belles plumes, c'est intéressant, et amusant... Continuez. Et le titre est joli." Oui, il faut continuer. Je dirais, presque imperturbablement. Hier, jour de son absence définitive, son "départ" comme on dit rêveusement, l'ami Roger, qui est parti..., ma dentiste m'a déchiré la bouche en essayant de retirer la prothèse que j'ai depuis sept ans recouvrant l'implant d'une molaire dont la vis bouge à l'intérieur, tournant sur elle-même. Une vraie boucherie. Marteau. Fraise. Scie. Pendant presque d...