Articles

Affichage des articles associés au libellé écouter

Entre nous deux (15)

Image
Mercredi 8 septembre 1999 À sept heures il faut être debout pour aider le fiston à se préparer. Assurer la mise en orbite. Fini les mercredis de grasse matinée... Après son départ, je prends mon petit-déjeuner. Un peu de ménage et je vais m'acheter un réveil digital... À midi, il rentre, épuisé, mais au moins, aujourd'hui, sa journée est terminée. On s'endort, chacun de son côté et chacun devant sa télé, de deux à trois... Après quoi, je sors par une chaleur intense lui acheter des fournitures scolaires. Je n'ai pas de nouvelles de ma plus jeune fille qui devait rentrer ce jour. Je lis Le Monde , et j'ai encore sommeil. Je vais m'allonger un quart d'heure et m'endors jusqu'à l'arrivée, chez moi ( dring-dring , me redresse), des copropriétaires, pour une réunion à cinq du conseil syndical. Celle-ci porte (une fois de plus) sur le problème du ménage dans l'immeuble, et, de 19 à 21h, je me vois obligée de bagarrer pour qu'o...

Entre nous (84)

Image
Jeudi 20 juin 1996 Contrecoup des événements récents - ils furent nombreux - je me sens bizarre, j'ai sans cesse envie de pleurer, surtout après avoir discuté longuement avec Serge, au lendemain de l'enterrement de sa mère. La mort de celle-ci l'a considérablement ébranlé, bien sûr, mais pas forcément comme on aurait pu s'y attendre, enfin comme moi, je m'y attendais...  J'ai cru entrevoir chez lui, pendant quelques jours, une sorte de rapprochement vers les choses essentielles de la vie, une lumière particulière qu'il se refusait auparavant à suivre. Il a parlé d'amour, d'amour pour Ida, qu'il ne soupçonnait même pas ressentir aussi profondément "dans ses entrailles". Alors que pour chacun qui l'approchait un tant soit peu cet amour-là était assez évident, il se refusait à lui donner crédit, semblait y résister, et disait même plutôt, "la haïr". Cela me paraissait tellement pesant, ce refus entêté (aimer sa m...

Entre nous (36)

Image
Jeudi 16 déc. 1993   Bercy (sacs aspirateur) Bords de Marne - Tu es hypersensible, je trouve, en ce moment... Souvent au bord des larmes. Je dois te manipuler très précautionneusement, c'est-à-dire t'écouter avec toute mon attention, te parler tendrement, te toucher souvent et avec tact. Je dois aussi te parler de moi, de mon sentiment pour toi avec le plus grand souci de précision et tout mon potentiel d'analyse, car tu attends que je sorte ce que j'ai dans le ventre. Que je crache le morceau. Si "morceau" il y a, je n'en possède pas encore tous les éléments qui le forment et je ne peux qu'avancer très lentement, très progressivement dans cette découverte. - Oui, c'est ça. Tu y es presque. Il se passe en ce moment des choses en toi comme jamais encore il ne s'en est passé. - Peut-être. Tu as raison probablement. Mais je ne peux pas aller aussi vite que tu le voudrais pour en mesurer les conséquences, les effets qui se font pourt...

Plus besoin

Image
"La mort est une libération, car mourir c'est n'avoir plus besoin de personne. Le malheureux esclave se voit libéré, par force, de ses plaisirs, de ses chagrins, de cette vie désirée et interminable. La mort ennoblit, et revêt d'atours inconnus ce pauvre corps absurde. C'est qu'il est libre désormais, même s'il ne voulait pas l'être. A son tour le mort peut être monstrueux, mais il est supérieur, car le voici libéré par la mort." C'était une mini-cérémonie bouddhiste, l'inhumation des cendres dans le caveau familial de ma voisine. Le fossoyeur un jeune homme, musclé,en t-shirt gris avec inscriptions colorées sur le devant, est descendu dans le trou profond après avoir descellé la lourde pierre tombale, y déposer l'urne contenant les cendres, tandis que nous tenions, les cinq voisins d'immeuble de la défunte et sa famille, un bâton d'encens allumé et qu'autour de nous flottaient des dizaines de petits drapeaux bleu-b...