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Entre nous deux (6)

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Jeudi 22 avril 1999 - J'entends bien ce que tu me dis, ma pauvre... mais la plupart des hommes sont ainsi. Que veux-tu, ils aiment bien cela, d'avoir à tenter un rapprochement entre l'argent et la relation à l'autre. Je ne sais pas. Ç a doit leur para î tre naturel. É vident ... Allant de soi. Vois tu, je crois, pour changer les rapports entre homme et femme, il faudrait changer la structure fondamentale du pouvoir... ou bien faire la gr è ve g é n é rale du sexe ! Tu ne crois pas? - Ah oui, tiens! Gr è ve g é n é rale! T'as raison... J'vais faire ç a. On nous dit bien qu'il y a l' é galit é salariale, qui est ce vers quoi nous allons tendre, d'ici peu... Quelques dizaines d'ann é es tout au plus. Et on n'en parlera plus. Hommes et femmes seront é gaux. Je veux bien, mais il n'y a pas que ç a, en fait... - Non, l' é galit é salariale seule ne peut rien r é gler. Et de toute fa ç on, on n'y est pas encore. L...

Entre nous (180)

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Lundi 6 juillet 1998 Je rencontre Serge, la veille de mon d é part. Fatigu é , il dit que la t ê te lui tourne. D é sesp é r é , il continue malgr é tout de penser . Il n'arr ê te pas. J'ai du mal à le suivre. Il pr é tend qu'il veut garder le contact . Avec la r é alit é , s'entend. - Tu es triste parce que je vais partir ? - Pff... si ce n' é tait que ç a. D'ailleurs, je ne suis pas triste... Pas les moyens. - Tu es quelqu'un de sentimental, au fond. À premi è re vue, nous n'avons pas grand-chose de commun entre nous. Tu attaches une grande, trop grande valeur aux sentiments du pass é . Moi, au contraire, j'avance. Sans chercher à me retourner. J'ai toujours é t é sceptique à l' é gard des souvenirs et du pass é ... - Tu crois pouvoir te tenir dans une sorte de nouveau syst è me par rapport à lui ? Ce pass é ... - Non. Je ne sais pas. Je suis tout aussi bloqu é e à l'int é rieur de ce que tu appelles le ...

Entre nous (142)

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Dimanche 2 novembre 1997 Il m'appelle t ô t le matin (5h) car il a mal au mollet et n'arrive pas à dormir. Je reste à ses c ô t é s et me rendors un peu. Mais revenue dans mon lit vers sept heures, je ne parviens pas à trouver le sommeil et je suis pourtant terriblement fatigu é e. Lev é e à 9h30. J'ai rêvé cette nuit que j'avais avalé l'oiseau alors qu'il voletait autour de moi et que j'avais la bouche ouverte... Repas de dimanche midi avec les parents de François et son neveu. Poulet rôti, riz au jus et vin de Pommard 88 . Ma mère n'est pas venue, alors qu'elle s'était annoncée et je m'en suis sentie déçue, inexplicablement. Après-midi calme. Lecture sur le lit de mon garçon qui n'a pas mal. Je termine le livre de Bobin : triste et paisible. Repassage, pour finir. Le soir je fais cuire des châtaignes que les parents ont apportées. À l'eau, et avec du cidre, pour les manger telles qu'on les dégustait chez moi, o...

Entre nous (134)

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Mardi 8 juillet 1997 Après Simenon, je lis Hemingway, à l'accueil de la Fondation sur un siège ou bien sur mon banc du square en attendant les retours de mon fils. Je me trouve une parenté d'écriture (ou plutôt une certaine familiarité) avec ce dernier, surtout dans les dialogues. Mais à y regarder de plus près, c'est Serge que je retrouve dans les personnages masculins. Serge, nourri d'Hemingway depuis l'adolescence, et qui a marqué en profondeur mon style. Mon style n'est donc pas encore le mien, il me vient des autres, les grands , qui agissent sur moi à travers Serge, qui les a lus. C'est sans doute la raison pour laquelle, jusqu'à présent, je n'ai pu écrire que sur lui, lui empruntant ses mots à lui, la forme de son esprit et de son humour. Je devais me frotter à cela tout en continuant mon propre parcours. Je sais qu'un jour, j'écrirai vraiment. Et mon souhait (je ne dis pas "mon rêve") est de n'écrire que de...

Entre nous (110)

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Lundi 11 d é c. 1995  Appel de SH, qui est de retour d'Istanbul. Auchan Fontenay. Puis rue de L'Ind. durant une demi-heure. Grâce à ma suggestion qu'il fasse une analyse (refusée), on parle . Soir : fête des 15 ans d'existence de la librairie Millepages . - Tu sais quoi, j'ai r é fl é chi. Tu n'as qu' à me prendre, toi, en analyse... - Te prendre en quoi ? J'esp è re, tu plaisantes. Je te "prends" en tellement de choses... - Ah bon. Comme quoi ?... Dis. J'ai h â te d'entendre. - Comme cuisini è re d é j à (cr ê pes, lasagnes, chocolats fins, petites gâteries, pâtes de fruits, etc.) puisque ta femme ne te fait rien de tout ç a... Comme dame de compagnie ensuite, l'apr è s-midi, pour t'inciter à marcher r é guli è rement... Comme animatrice d'atelier ping-pong, pour te faire faire de l'exercice. Et m ê me, comme   assistante sexuelle, à l'occasion... - Ah ah oui, "assistante sexuelle à ...