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Encore un ami perdu

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Encore un ami perdu. Vais-je devenir comme Roger, qui à chaque fois ces dernières années que nous nous voyions se désolait de les voir partir un à un, Pascal Pia, Albert Camus, Claude Roy, Romain Gary, Jean-Bertrand Pontalis...? Puis aussitôt après, son âme insoucieuse et sa curiosité intellectuelle et littéraire se ranimant spontanément, il reprenait là où nous en étions restés la fois précédente : "J'ai parcouru votre site Belles plumes, c'est intéressant, et amusant... Continuez. Et le titre est joli." Oui, il faut continuer. Je dirais, presque imperturbablement. Hier, jour de son absence définitive, son "départ" comme on dit rêveusement, l'ami Roger, qui est parti..., ma dentiste m'a déchiré la bouche en essayant de retirer la prothèse que j'ai depuis sept ans recouvrant l'implant d'une molaire dont la vis bouge à l'intérieur, tournant sur elle-même. Une vraie boucherie. Marteau. Fraise. Scie. Pendant presque d...

Maudit échafaudage

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Robert Pinget (1919-1997) et Fernando Pessoa (1888-1935), sans les comparer mais à les lire parallèlement, à trente années d'intervalle dans leur mode d'expression se ressemblent étrangement. Voyons plutôt. Pessoa : Je voudrais que la lecture de ce livre vous laisse l'impression d'avoir traversé un cauchemar voluptueux. Je suis comme un homme qui chercherait distraitement quelque chose et qui, entre la quête et le rêve, aurait oublié ce que c'était. [comme le "quelqu'un" de Pinget, et son fameux "papier", qu'il cherche encore] Plus réel que la chose absente et recherchée devient le geste réel des mains visibles qui cherchent, remuent, dérangent, replacent, et qui existent bel et bien, blanches et longues, avec leurs cinq doigts chacune exactement. Tout ce que j'ai eu, oui, se résume à n'avoir pas su chercher. Tout ce que je suis ou ai été, tout ce que je crois être ou avoir été, tout cela perd soudain - dans ces réflex...

La lente analyse

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Jusqu'à présent (mais cette ressource en moi pourrait se tarir un jour) il n'y a rien que je ne puisse guérir par une (bonne) lecture. [cette phrase, sortie direct comme derrière de mes yeux au moment où je baissais les paupières, car ils me picotaient]. Soudain - et j'aurais aimé plutôt m'endormir quelques instants - je me suis mise à penser aux choses que, par-dessus tout, je ne voudrais pas qu'il m'arrive, et à en dresser la liste, par ordre d'importance. Je ne voudrais pas - surtout pas ! - perdre la vue. L'ouïe, à la rigueur... à part pour la musique... mais dans la rue, ce serait un avantage de ne plus entendre ce bruit, ce brouhaha, ces crissements, ces cris constants qui me font comme tournoyer sur moi-même, par moments totalement perdue, et me donnent rapidement envie de rentrer. Quelque part ou chez moi. Mais si je n'entendais plus, je n'écouterais plus non plus chanter les oiseaux. Ce silence-là me ferait drôle. Et m'...