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Affichage des articles associés au libellé adieux

Entre nous (80)

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Jeudi 30 mai 1996 Il porte ce jour une veste de lin noire et un large pantalon de toile beige. D'emblée, il me dit être sorti la veille au soir. - Et... tu es resté habillé pareil ? - Oui, c'est ça, me suis couché tout habillé... Mais non, j'ai rien trouvé ce matin à me mettre. J'ai pris ce qui m'est tombé sous la main. - Ta femme n'était pas là pour te préparer tes vêtements ? - Partie bosser... - Tu es sorti seul ? Ou bien avec elle... - Toutes ces questions... T'es jalouse ? - Non, pour savoir seulement. - C'est bien ce que je dis... Oui, j'étais avec Agnès. - Je ne sais pas pourquoi tu voudrais que je sois jalouse. J'ai beau te dire que je ne le suis pas, et surtout pas d'Agnès, tu remets tout le temps ça sur le tapis... - C'est parce que moi, je le suis. De ton mari, principalement. - Oui, j'ai senti, et pas que d'ailleurs... Dès que je parle de quelqu'un tu te raidis, te refermes. - Tu f...

Entre nous (79)

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Mardi 28 mai 1996 Agression verbale quand quelqu'un, trop tôt le matin, brise le silence... Je lis (dans Dialogues , de G. Deleuze, 145) que le régime alimentaire de Nietzsche, de Proust ou de Kafka, c'est aussi une écriture , et ils la comprennent ainsi; manger-parler, écrire-aimer, jamais vous ne saisirez un flux tout seul... La vie a repris, après la mort de Mr Louis, mon voisin. On connaît ses proches et ses semblables, jamais ses voisins, qui peuvent être d'une autre planète, qui sont toujours d'une autre planète. Seuls les voisins comptent. (GD, 134).  Comme on fait son lit, on se couche, personne ne viendra vous border. Les choses ne commencent à vivre qu'au milieu. (GD, 68). Monsieur Louis est mort hier soir, à vingt et une heures. Un lundi de Pentecôte. Mort de mort violente dans son lit. Dans le roman, il était mort depuis une semaine. Je l'avais tué car il ne voulait plus vivre. Le temps qui s'est écoulé entre sa mort romane...

Au revoir, Roger Grenier

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"Et moi qui parle ainsi - pourquoi écrire ce livre ? Parce que je le sais imparfait. totalement rêvé, ce serait la perfection; écrit, il se déperfectionne : c'est pourquoi je l'écris. Et surtout, comme je défends l'inutile et l'absurde, j'écris ce livre pour me mentir à moi-même, pour trahir ma théorie. Et la gloire suprême de tout cela, mon amour, c'est de penser que rien de tout cela peut-être n'est vrai, et que je ne le crois pas vrai moi-même. Tout est complexe dès lors que l'on pense et la pensée, sans nul doute, rend les choses encore plus complexes. Mais si l'on pense, on éprouve le besoin de justifier son abdication par un vaste programme de compréhension, exposé, comme tous les arguments des menteurs, avec un luxe de détails qui laissent à nu, si on éparpille un peu la terre, les racines de son mensonge. Et quand le mensonge commence à nous procurer du plaisir, disons alors la vérité pour lui mentir. Et s'il est cau...

Plus besoin

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"La mort est une libération, car mourir c'est n'avoir plus besoin de personne. Le malheureux esclave se voit libéré, par force, de ses plaisirs, de ses chagrins, de cette vie désirée et interminable. La mort ennoblit, et revêt d'atours inconnus ce pauvre corps absurde. C'est qu'il est libre désormais, même s'il ne voulait pas l'être. A son tour le mort peut être monstrueux, mais il est supérieur, car le voici libéré par la mort." C'était une mini-cérémonie bouddhiste, l'inhumation des cendres dans le caveau familial de ma voisine. Le fossoyeur un jeune homme, musclé,en t-shirt gris avec inscriptions colorées sur le devant, est descendu dans le trou profond après avoir descellé la lourde pierre tombale, y déposer l'urne contenant les cendres, tandis que nous tenions, les cinq voisins d'immeuble de la défunte et sa famille, un bâton d'encens allumé et qu'autour de nous flottaient des dizaines de petits drapeaux bleu-b...

Lundi, Pessoa

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Lundi

Départ, retour d'exil

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Witold Gombrowicz, qui a été consigné en Argentine du 22 août 1939 au 19 mars 1963, quelques jours avant son départ pour Berlin où il a été invité à venir passer une année écrit dans son Journal : "Je vis la fin qui arrivait. Percé du couteau de cette révélation, je mourus du coup, oui, en cette minute, tout mon sang m'avait quitté. Absent déjà. Déjà fini. Déjà prêt à partir. Le lien mystérieux entre moi et mon lieu propre venait d'être tranché. J'achevais les amis à coups de  tendresse déjà disparue, j'expédiais sentiments et regrets plus vite, toujours plus vite. Et voilà qu'au gré de ces instants ultimes vinrent à mûrir avec violence des fleurs, des fruits inopinés, à s'épanouir ceux qui des années entières étaient restés en léthargie [il dit au revoir à ses amis], et je vis des larmes... mais déjà je n'en avais plus le temps et tout se passait comme si ces sentiments avaient longuement attendu de se réaliser, jusqu'au jour où moi je devie...