Articles

Affichage des articles associés au libellé deuil

Entre nous (117)

Image
Samedi 5 octobre 1996 Mal à la t ê te. R è gles. Je fais les courses à Franprix , seule, en deux voyages. Pas pu tout transporter d'un coup. L'apr è s-midi,  ç a va un peu mieux. Je sors un moment avec ma fille. J'ai re ç u les allocations familiales (600F). Le soir, ambiance assez d é tendue à la maison. Dimanche 6 octobre Achev é presque la r é daction du manuscrit. Pour un dimanche, cela relève de l'exploit ! Nous avons sorti l'oiseau, sans difficult é . Le soir ma fille a î n é e fait un baby-sitting. Plut ô t un assez bon dimanche. Lundi 7 octobre J'en ai fini avec la r é daction du nouveau F é lix mais j'ai des probl è mes avec l'ordinateur pour imprimer. Contrari é e. À treize heures j'arrive enfin à me d é panner seule. Je suis contente et je file retrouver le vrai F é lix pour le ping-pong. Beau temps, promenade autour du lac de Saint-Mandé ensuite. Sujets abord é s : les enfants, la pulsion sexuelle, le tai-...

Entre nous (114)

Image
Vendredi 30 ao û t 1996   Vais chez Gallimard, à un RV avec Roger G. J'apporte tous mes manuscrits (cinq) dans une petite sacoche de congr è s m é dical bleue avec lettres blanches de groupe pharmaceutique... Je passe par le Palais Royal, la place du Carrousel, la galerie du Louvre. C'est chic, ici. Je marche en balan ç ant la sacoche. Je me dis que je suis une jeune auteur qui va voir son futur é diteur, toute son œ uvre au bout du bras... Il fait tr è s beau. Paris est beau. La Seine aussi, quand je la traverse sur le pont pour passer de la rive droite à la rive gauche. Me penchant depuis la rambarde, je ne peux m'emp ê cher de penser aux Alg é riens qui ont é t é balanc é s par-dessus bord, en octobre 1961, et au Marocain que des fichus racistes de merde   y ont pouss é le 1er mai dernier... Il y a toujours une ombre, un mauvais souvenir, un drame qui plane sur la ville. Roger est tr è s gentil. Accueillant, timide et pourtant volubile. Je ne sa...

Entre nous (87)

Image
Jeudi 27 juin 1996 "Il s'agit d'une grossesse, ou bien alors d'une infection banale...", a dit, de manière pas très perspicace pour une gynécologue, celle qui a examiné ma fille de seize ans, inquiète, venue la consulter. Encore une journée pleine de rebondissements. Une fille en examens médicaux, une autre en examens scolaires ( "j'ai eu Staline, je n'avais appris que Lénine..."), et le fiston donnant le soir, après tout ça, un spectacle de cirque avec sa classe. Me suis couchée à minuit. Comme étourdie de tout ce remue-ménage. Dans la journée, j'avais rendu deux visites à Mme Violland, toujours à la clinique, une le matin, une le soir, après avoir vu Serge un tout petit couple d'heures. Le malade convalescent, lui aussi... Vendredi 28 juin On dirait que cette année scolaire ne finira jamais... Journée d'examens médicaux à nouveau pour ma fille aînée. La cadette, elle, a mieux réussi paraît-il les épreuve...

Entre nous (84)

Image
Jeudi 20 juin 1996 Contrecoup des événements récents - ils furent nombreux - je me sens bizarre, j'ai sans cesse envie de pleurer, surtout après avoir discuté longuement avec Serge, au lendemain de l'enterrement de sa mère. La mort de celle-ci l'a considérablement ébranlé, bien sûr, mais pas forcément comme on aurait pu s'y attendre, enfin comme moi, je m'y attendais...  J'ai cru entrevoir chez lui, pendant quelques jours, une sorte de rapprochement vers les choses essentielles de la vie, une lumière particulière qu'il se refusait auparavant à suivre. Il a parlé d'amour, d'amour pour Ida, qu'il ne soupçonnait même pas ressentir aussi profondément "dans ses entrailles". Alors que pour chacun qui l'approchait un tant soit peu cet amour-là était assez évident, il se refusait à lui donner crédit, semblait y résister, et disait même plutôt, "la haïr". Cela me paraissait tellement pesant, ce refus entêté (aimer sa m...

Entre nous (83)

Image
Jeudi 13 juin 1996 Le surlendemain de ma visite à Roger rue Sébastien-Bottin (je voulais même le faire dès le lendemain, mardi, mais j'ai pensé qu'il ne valait mieux pas), je l'ai rappelé pour lui demander si, à son avis je n'aurais pas dû conserver la feuille sur laquelle il avait noté ses critiques et remarques. Car je ne me souvenais pas de toutes... "Non, non, a-t-il fait, elle était illisible d'ailleurs, sauf pour moi, et de toutes manières je vous ai dit tout ce qu'elle contenait. Mais je suis content que vous m'appeliez car j'étais en train de me demander si je n'allais pas vous écrire un petit mot pour vous dire combien j'ai aimé vos poèmes... C'est cette poésie-là, que moi j'aime. J'ai hâte que Claude Roy revienne, pour pouvoir lui donner ceux que vous m'avez remis à son intention..." Je n'aurai pas son "petit mot" du coup. Dommage... J'aurais mieux fait de ne pas appeler. Pour rien,...