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Entre nous (188)

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"Ne rien é crire qui ne soit d'utilit é imm é diate.", disait Fran ç ois Mauriac. Devise contre laquelle il s'insurge, dans les ann é es 30, mais que je ferais bien mienne, aujourd'hui... Il y a en moi un noyau dur que personne, jamais, n'atteindra. Ni les enfants, ni toi, ni Serge. Que je ne laisserai personne entamer. Entendons-nous bien.                                                                     1 Je suis contente d'avoir é crit ce texte. Il ne fait que soixante-trois pages. Je peux le laisser tra î ner sur mon bureau (rien à cacher), l'envoyer à des é diteurs (si j'en ai envie), le faire lire à ma fille (si elle le de...

Entre nous (153)

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Vendredi 9 janvier 1998 D'abord j'ai cherch é à rencontrer Francis, libraire à Millepages , pour lui proposer Mon bel Ilizarov , mais n'ai pas pu le voir. J'en ai parl é à un de ses employ é s qui transmettra au patron. Il fait tr è s beau aujourd'hui. Et doux. D é j à hier on avait pu, Serge et moi, prendre le th é au caf é du lac, dehors, le dos au soleil. On r é it è re la chose cet apr è s-midi. C'est un peu comme une renaissance. Son fils, en plus, a donc termin é ses classes et est rentr é la veille. L'atmosph è re en est plus d é tendue. C'est l'anniversaire de ma fille cadette, qui a seize ans ce jour, et, si elle é tait encore en vie, la m è re de Serge en aurait quatre-vingt-dix-sept... Mais ce n'est pas le cas. On reparle de sa mort. Et des femmes. Et des femmes et de leurs enfants. De leur r ô le, destructeur ou constructif. Du bonheur. De la s é curit é et de la fantaisie. Comment trouver les deux en la m ê m...

Entre nous (62)

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Vendredi 28 oct. 1994   Vacances scolaires, courses avec les enfants. Tél. soir. Règles Sam.-Dim. 29-30 oct.   Fatigue. Échanges uniquement par messages Lundi 31 oct.   Auchan (un sac d'"indiens" + 2 cassettes) Mardi 1er nov.   Même pas de message! Rien. Nada . Mercredi 2 nov.   Auchan Fontenay et Bagnolet (pour achat toiles vierges pour artiste-peintre) Il me dit : Tu as une belle t ê te . - Il faudrait je trouve se contenter des actes. - Les mots sont de trop, selon toi ?... - Oui, enfin non, mais dans ce besoin de parole et d'échange qui nous agite tous... - Tous , je ne pense pas... - ... je lis surtout le vide de nos actes, désordonnés ou inexistants. Ne plus rien vouloir faire est encore possible mais ne plus rien dire au sujet de ce faire qui n'en est plus un , voilà ce qui est plus difficile... - Non, moi j'y arrive... Ça ne me pose même aucun problème... - Oui, toi. Mais en général on veut ...

Ardeurs de la tiédeur

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Des fois je me dis que je suis plus désespérée encore que le Désespoir lui-même. Et puis ça passe. Hier (peut-être n'aurais-je pas dû entreprendre cela le soir - j'étais fatiguée, les commandes de mon cerveau, hors service), j'ai voulu vérifier sur le site Gallica de téléchargement gratuit de la BNF si je trouvais mon manuscrit écrit à la main dont le titre est Un été avec Gombrowicz, by Danièle Sastre. Nenni. Je n'y suis pas arrivée. Soit je suis tellement nulle que je n'ai pas été fichue de lancer correctement la recherche en remplissant une à une les bonnes cases, soit il n'y est même pas. Dans leur (immense) catalogue. C'est fou. Gombrowicz, tout de même ! D'accord, si j'avais orienté ma recherche "par titres" en tapant Dernier amour, j'aurais admis volontiers qu'il n'y figurait pas. Mais Gombrowicz ! Est-ce que ce sera la même chose, le même oubli, le même trou noir, pour "mon" Pessoa?  Revenons à lui, d...

Ceci est un conte

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J'ai dû expliquer à quelqu'un qui a lu un chapitre (et un seul, apparemment) de Dernier amour et qui m'en veut d'avoir "étalé au grand jour" pensant s'être reconnu dans un des personnages extrêmement secondaire du roman, un élément autobiographique (cela fait toujours ça quand un texte devient livre, alors que la parole partout essaimée en dépit du bon sens ne gêne personne) que toujours, on mêle, lorsqu'on écrit, des éléments de vie réelle à d'autres (ré-expliquer en fait, on ne fait que ça !) et que la "discrétion" que cette personne m'avait demandée (je n'aime pas qu'on me confie "un secret"), il y a plus d'un an à présent, elle l'avait eue. Je n'ai parlé de rien, à personne. J'ai écrit.  Pour tout lecteur-lectrice, il faudrait bien apprendre à faire la différence entre la vie réelle et la littérature. Je m'étonne toujours d'avoir à ré-expliquer cela, qui semble pourtant limpide. ...