Articles

Affichage des articles associés au libellé Jacques Rivière

Entre nous (73)

Image
Lundi 10 avril 1995 J'écris maintenant dans un carnet qui ferme à cl é . C'est une étrange impression de sécurité. Cela fait quatre ans que j'écris des choses "intimes", dans des carnets ouverts à tout vent, que j'ai renoncé à planquer, car cela me semble inutile : personne ici, dans la maison, ne s'intéresse à eux (j'allais dire ne s'intéresse à moi ...) et c'est tant mieux. Chacun a sa vie et la mène librement, harmonieusement, "à côté" des autres, mais pas dans la fusion avec l'autre. Aussi, ce carnet fermé, qui peut traîner sans inciter à sa lecture, me laisse une totale liberté... (encore que, le fait justement qu'il soit verrouillé  peut au contraire attirer la curiosité : aurais-je des secrets , peut-on se dire, quelque chose à cacher...) Non... une totale liberté... de ne rien dire ! Plus de provocations, plus de transgression, fini ! Je suis seule avec moi-même, il n'y a plus, en arr...

Entre nous (68)

Image
Jeudi 26 janv. 1995   Chaudières (entretien). RV au café du Canon de la Nation av. GF (reporté le jour même par tel). SH à la maison (on travaille un texte). Croix de Chavaux, Monoprix (achat nouvelle nappe). Pas un regard... - Si tu devais en une phrase courte définir l'amour... - L'amour ? Pour moi, une illusion collective à deux. Et toi ? - L'amour, la nuit d'après, on a des petits boutons sur la langue. Le lendemain, une cystite. Et 28 jours plus tard, on craint d'être enceinte. - Là, ça en fait trois de phrases. Ben dis-donc c'est sacrément concret, pour toi... Terrifiant . - La réalité des choses, simplement... Mais souviens-toi, dans les dernières années 80, et même après, la peur du sida... Toi aussi, tu avais la trouille, comme tout le monde. L'égalité hommes-femmes, alors, et pour la première fois , mais dans la peur collective... - Oh là là, oui, m'en parle pas... Les trois mois d'attente du résultat de la prise...