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Affichage des articles associés au libellé la mort

Entre nous (91)

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Jeudi 18 juillet 1996 Lors de mon d é part, la veille je crois, nous avons eu une conversation non habituelle, sur un terrain peu fr é quent é et un sujet en demi-teinte, mi-figue mi-raisin, pour une part plaisanterie, pour l'autre subtil fond de v é rit é masquée ...   - Toi, maintenant que ta m è re n'est plus l à , tu es parfaitement libre. Ne reste que ta femme et elle n'est pas emb ê tante.   - Ç a non, tu l'as dit... Dans l' é tat actuel des choses, même, je pourrais partir seul, elle n'y verrait pas d'inconv é nients, ç a d é barrasserait  le plancher, plut ô t... - Surtout qu'elle le fait souvent elle-m ê me, et depuis longtemps... Moi, tu vois, je pars pour deux mois et cela va ê tre deux mois de couvent. Une vie de nonne. - Tu n'es pas seule, que je sache... - Non, sans doute... une vie de nonne mari é e , si tu veux. Mais une vie de nonne tout de m ê me, enti è rement vou é e, d é di é e aux autres... - Je fr é mi...

Entre nous (84)

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Jeudi 20 juin 1996 Contrecoup des événements récents - ils furent nombreux - je me sens bizarre, j'ai sans cesse envie de pleurer, surtout après avoir discuté longuement avec Serge, au lendemain de l'enterrement de sa mère. La mort de celle-ci l'a considérablement ébranlé, bien sûr, mais pas forcément comme on aurait pu s'y attendre, enfin comme moi, je m'y attendais...  J'ai cru entrevoir chez lui, pendant quelques jours, une sorte de rapprochement vers les choses essentielles de la vie, une lumière particulière qu'il se refusait auparavant à suivre. Il a parlé d'amour, d'amour pour Ida, qu'il ne soupçonnait même pas ressentir aussi profondément "dans ses entrailles". Alors que pour chacun qui l'approchait un tant soit peu cet amour-là était assez évident, il se refusait à lui donner crédit, semblait y résister, et disait même plutôt, "la haïr". Cela me paraissait tellement pesant, ce refus entêté (aimer sa m...

Entre nous (80)

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Jeudi 30 mai 1996 Il porte ce jour une veste de lin noire et un large pantalon de toile beige. D'emblée, il me dit être sorti la veille au soir. - Et... tu es resté habillé pareil ? - Oui, c'est ça, me suis couché tout habillé... Mais non, j'ai rien trouvé ce matin à me mettre. J'ai pris ce qui m'est tombé sous la main. - Ta femme n'était pas là pour te préparer tes vêtements ? - Partie bosser... - Tu es sorti seul ? Ou bien avec elle... - Toutes ces questions... T'es jalouse ? - Non, pour savoir seulement. - C'est bien ce que je dis... Oui, j'étais avec Agnès. - Je ne sais pas pourquoi tu voudrais que je sois jalouse. J'ai beau te dire que je ne le suis pas, et surtout pas d'Agnès, tu remets tout le temps ça sur le tapis... - C'est parce que moi, je le suis. De ton mari, principalement. - Oui, j'ai senti, et pas que d'ailleurs... Dès que je parle de quelqu'un tu te raidis, te refermes. - Tu f...

Entre nous (79)

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Mardi 28 mai 1996 Agression verbale quand quelqu'un, trop tôt le matin, brise le silence... Je lis (dans Dialogues , de G. Deleuze, 145) que le régime alimentaire de Nietzsche, de Proust ou de Kafka, c'est aussi une écriture , et ils la comprennent ainsi; manger-parler, écrire-aimer, jamais vous ne saisirez un flux tout seul... La vie a repris, après la mort de Mr Louis, mon voisin. On connaît ses proches et ses semblables, jamais ses voisins, qui peuvent être d'une autre planète, qui sont toujours d'une autre planète. Seuls les voisins comptent. (GD, 134).  Comme on fait son lit, on se couche, personne ne viendra vous border. Les choses ne commencent à vivre qu'au milieu. (GD, 68). Monsieur Louis est mort hier soir, à vingt et une heures. Un lundi de Pentecôte. Mort de mort violente dans son lit. Dans le roman, il était mort depuis une semaine. Je l'avais tué car il ne voulait plus vivre. Le temps qui s'est écoulé entre sa mort romane...