Sujet du livre 6
Libéré du mythe littéraire et de l’ordre social qui encadre l’esprit, mon Journal réalise le degré zéro de l’écriture. Sec et journalistique, comme son titre l’indique, sans toutes les fioritures venues orner les arrangements avec la vie, c’est un bloc d’abîme , qui prendra fin avec moi. Bien entendu. Cela va de soi. Le journal (écrit au jour le jour , dans le temps saccadé et long de la quotidienneté) s’égare parfois dans l’accident de parcours journalier, et se détache d’une configuration finale que serait celle d’un “récit de vie”. Un journal ne raconte rien (le récit en est quasi absent, seuls les effets du récit entrent en ligne de compte = les émotions – les réflexions – les associations d’idées – les pensées qui se bousculent au portillon quand il y en a qui viennent…). Le journal ne cherche pas l’unité narrative qui pourrait conduire à l’expression et la réalisation d’une identité personnelle. Il y a en lui énormément de répétitions liées à la quotidienneté du lieu et...