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Entre nous (121)

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Dimanche 8 d é cembre 1996 Je vais chez la mère d'une des copines des filles qui fait de la vente à domicile ("vêtements de créatrice") m'acheter un pull en cachemire noir. François m'a donné l'argent. Ce sera mon cadeau de Noël. Ma cadette est malade, un peu (mycoses et fièvre), mon fils a deux nouveaux molluscum contagiosum qui sont apparus sur sa cuisse , l'aînée est crevarde ... Le soir, on regarde à la télé Urgences ... Les é ditions Gallimard m'ont renvoy é le manuscrit "F é lix ou l'intimit é" , vendredi dernier. Je n'ai pas ouvert l'enveloppe. Peut- ê tre y a-t-il à l'int é rieur une lettre de Roger, mais je ne crois pas. C'est un tel cr è ve-c œ ur pour moi... La fin de quelque chose, et je ne sais pas trop quoi. Serge dit que j'ai la voix pour é crire, reste à trouver l'instrument... Lundi 9 novembre Recherche infructueuse d'un Tam-Tam (ringardisant le mémophone) pour le No...

La lente analyse

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Jusqu'à présent (mais cette ressource en moi pourrait se tarir un jour) il n'y a rien que je ne puisse guérir par une (bonne) lecture. [cette phrase, sortie direct comme derrière de mes yeux au moment où je baissais les paupières, car ils me picotaient]. Soudain - et j'aurais aimé plutôt m'endormir quelques instants - je me suis mise à penser aux choses que, par-dessus tout, je ne voudrais pas qu'il m'arrive, et à en dresser la liste, par ordre d'importance. Je ne voudrais pas - surtout pas ! - perdre la vue. L'ouïe, à la rigueur... à part pour la musique... mais dans la rue, ce serait un avantage de ne plus entendre ce bruit, ce brouhaha, ces crissements, ces cris constants qui me font comme tournoyer sur moi-même, par moments totalement perdue, et me donnent rapidement envie de rentrer. Quelque part ou chez moi. Mais si je n'entendais plus, je n'écouterais plus non plus chanter les oiseaux. Ce silence-là me ferait drôle. Et m'...

Lundi, Pessoa

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Lundi

Roman-philo (suite)

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p.100  Le baume au cœur, que je passais et repassais sans cesse sur et autour de la plaie, m'en enduisant presque entièrement, était la seule et pauvre idée que c'était moi - et bien moi, personne d'autre - qui l'avais quitté. Cela devait quelque part misérablement me rassurer. Et le pansement marchait un peu. Un temps. Au fond, il n'y était pour rien, ce n'était pas de sa faute. Peut-être aurait-il préféré que cela continue entre nous. Mais je n'en étais même pas certaine. Je sentais le sol se dérober sous mes pieds, comme s'il s'inquiétait lui aussi, à chacun de mes pas. Le sol, et pas seulement… le ciel aussi était lourdement chargé ; les nuages noirs bouchant le ciel bas du chagrin enténébraient toute espérance, il se faisait alors menaçant, et quand il faisait beau, vraiment beau, nuages blancs éblouissants, arbres commençant de verdoyer, la douleur se réveillait alors, bien plus subtile et innocemment perverse, et ne laissait filtre...

Dialogue impossible

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  Tous les éléments s'ordonnaient clairement soudain, à l'arrière de la vision de lui qu’elle avait, et que jusqu'alors elle s'était refusé d'admettre. Il n'y avait plus aucune passerelle à emprunter pour le rejoindre. Rien qu’une lointaine réminiscence enchantée qui s’agitait encore en elle dans un soliloque stérile, et que venait perturber le désenchantement soudain. Ce faux dialogue entre deux ombres était en réalité un monologue, où chacune des questions demeuraient sans réponse. Le passé vécu, certes, jouait encore pour quelque temps du moins un rôle actif dans ce présent dénué d’entrain, mais le souvenir, seul, loin d’être le simple reflet de la perception se rapportant sur le calendrier à des faits passés était en train de devenir lui-même "un fait psychologique", concernant uniquement la journée d’aujourd’hui et de la présente minute. Tout avait été rayé de l’avant. Rien au-delà, ni en arrière, ni au-devant. Tous les deux, nus dans le l...