Que peut être, sinon un rêve, l'amour de n'importe quel être de ce monde ? Un amour temporel n'a jamais pu que me rappeler la saveur de celui que j'avais perdu. Ne plus pouvoir rêver cela est une douleur véritable. J'ai l'impression de souffrir de la faim. Et j'ai perdu la capacité humaine, qui peut sembler fausse en elle-même, de distinguer la vérité du mensonge. Il me suffit de voir très clairement, avec les yeux, les oreilles ou n'importe quel autre sens, pour sentir que cela est réel. Me voir être deux choses à la fois, de la même façon et avec une égale netteté. Etant en train (depuis trois mois !) de terminer (oh ! comme je n'aime pas finir) ma tapisserie "La Honte" (n'ai plus qu'à lui poser sur le haut du crâne le poisson d'or rouge qui complétera le tableau et donnera à la femme du modèle un air de princesse égyptienne), je me traîne, avance à tout petits pas, prudemment. Hier, par exemple, en écoutant Brahms. ...
The place to be Nous sommes à une semaine des élections présidentielles et, (j'en ai un peu honte, mais un peu seulement, honte d'avoir honte : la honte finit p ar oublier son objet) en ce dimanche de Pâques je ne suis préoccupée que d'oiseaux (les œufs pondus par mes oiseaux, leur acheter des graines, fabriquer de la pâtée d'élevage... c'est pas de ma faute si la saison de reproduction commence en même temps que la "campagne") et, par ailleurs, mais par certains côtés ce n'est pas très loin, je m'occupe de faire "grandir" mon dernier texte (de littérature, un roman). Encore de l'élevage, en somme. Pour le reste, qui n'est pas ces deux activités, je me trouve absolument seule. En tout cas isolée. Tout ce que j'entends, tout ce que je vois et m'efforce de lire, qui n'est pas littérature et concerne cette "consultation" électorale, ne m'intéresse guère et/ou me reste en travers du gosier. Ce...
Cosmos, de Witold Gombrowicz. J'aimais et je n'aimais pas ce livre. Il m'inquiétait. Me troublait aussi. Des fois, il me faisait rire, tellement il était étrange. Je suffoquais. Je manquais toujours de l'abandonner. Le laisser en plan. Là, tout de suite. Trop bizarre, cette histoire. Qui n'en est pas une, d'ailleurs... Mais toujours j'y suis revenue, et je l'ai lu jusqu'au bout. Il y avaient de purs moments de lecture. Celle que l'on sent si proche de la littérature. Livre atypique, au parcours mystérieux, qui continue sa route en soi une fois même qu'on en a tourné la dernière page. C'est souvent que me reviennent des passages, des moments, des impressions fugaces. Un jour, je me suis aperçue que depuis cette lecture, je n'écrivais plus pareil. Il m'a fallu un certain temps pour m'en apercevoir. Cosmos a laissé quelques traces. Par exemple, ici. 1/ Tête baissée Ne pas écrire quand on a quel...
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