L'appel du 7 mai
La liberté devenue rigide et excessive. Celle qui est tellement intellectuelle qu'elle en devient une nouvelle prison.
"Ma liberté à moi, écrit-il, c'est la normale, la simple "franchise" de tous les jours, indispensable pour vivre, et qui relève de l'instinct bien plutôt que de la réflexion ; une liberté qui, refusant d'être un absolu, veut demeurer affranchie, c'est-à-dire n'importe laquelle : affranchie même envers sa propre liberté.
La liberté ! Mais pour être libre, encore faut-il ne pas vouloir l'être trop.
Mercredi (p.198)
Le vent. Gros nuages qui, venant du midi déferlent vers les cimes. Solitaire, cette poule sur le gazon, qui picore...
Etre un homme concret. Etre un individu. Ne pas s'efforcer de changer le monde, en le transformant dans la seule mesure où ma nature puisse y atteindre. Me réaliser conformément à mes besoins : un besoin d'individu. Je ne veux pas dire par là que l'autre pensée - collective, abstraite - ni que l'humanité ne soient pas, en soi, importante. Mais il faut rétablir l'équilibre.
De nos jours, le courant de pensée le plus moderne sera celui qui saura redécouvrir l'individu." [1954]
Mardi (p.195)
Voyez ces montagnes de syllogismes venus investir des esprits mal préparés, tous ceux qui lisent en diagonale et saisissent une idée sur vingt : voyez comment dans chacune de ces petites têtes la pensée vient à fleurir en un malentendu particulier. Alors, où sommes-nous ? Au pays de la force, de la lumière, de la précision, ou au royaume crasseux de l'insuffisance ?"
Journal I, Witold Gombrowicz
Personnellement, j'ai trouvé très beau le discours du Louvre d'Emmanuel Macron. Il m'a fait vibrer comme ce n'était pas arrivé depuis un demi-siècle de discours politiques. On lui a reproché le mot "amour", à la fin de son "appel" du Louvre. Cela ne m'étonne pas. Difficile, formés comme nous sommes, éduqués comme nous l'avons été, d'admettre qu'il ne nous appartient pas en permanence d'expliquer, éclairer, systématiser, ni démontrer, mais plutôt d'exprimer le désir d'écouter, nous laisser flotter au-dessus de l'eau du verbe qui annonce : ceci fait mal, cela me ravit, j'aime cela ou je le hais, je le désire, je le repousse... Notre voix est celle d'un homme de chair et de sang, la voix de l'individu.
L'individualité, dont parlait Gombrowicz déjà en 1950, on la lui reprochait aussi, à lui, philosophe écrivain, et dans le système clos de l'époque, tout empêtré dans les contraintes de l'intellectualisme d'alors, empli d'idéologie dirigiste étouffante ne laissant aucune place à la modeste, chaude et confidentielle vérité de l'auteur.
"Je vous servirai avec humilité, avec force, je vous servirai au nom de notre devise, liberté, égalité, fraternité. Je vous servirai dans la fidélité de la confiance que vous m’avez donnée. Je vous servirai avec amour", a déclaré ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron, élu nouveau président de la République, sur la place de l’Esplanade du Louvre devant plusieurs dizaines de milliers de personnes.
"Je vous servirai avec humilité, avec force, je vous servirai au nom de notre devise, liberté, égalité, fraternité. Je vous servirai dans la fidélité de la confiance que vous m’avez donnée. Je vous servirai avec amour", a déclaré ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron, élu nouveau président de la République, sur la place de l’Esplanade du Louvre devant plusieurs dizaines de milliers de personnes.
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