Les cahiers de Laurent Terzieff



Stefan Zweig, en 1941, dans ses Souvenirs d'un Européen, confie : "Je ne m'intéressais pas à la cote dont jouissait un homme sur le marché des valeurs et des réputations internationales ; ce que je recherchais, c'étaient des manuscrits originaux ou les projets de poèmes, de compositions, parce que le problème de la genèse d'une œuvre d'art, sous son aspect biographique aussi bien que psychologique, me préoccupait plus que tout le reste. 

Cet instant de transition infiniment mystérieux où un vers, une mélodie, surgissant de l'invisible, de la vision et de l'intuition d'un génie, entre dans le monde des réalités terrestres sous une forme fixée graphiquement, où pourrait-on le surprendre et l'observer si ce n'est dans ces manuscrits primitifs des maîtres, nés dans la lutte ou le feu de l'inspiration, comme dans un état de transe ? 

Je n'en sais pas assez d'un artiste quand je n'ai sous les yeux que son œuvre achevée, et je souscris à la parole de Goethe : "Pour comprendre les grandes créations, il ne suffit pas de les voir dans leur état d'achèvement, il faut les avoir surprises dans leur genèse, dans leur devenir."

C'est ce qui m'a pour ma part animée, lorsque j'ai traité et retranscrit les nombreux cahiers remplis par Laurent, qui étaient plus - bien plus - que ce qu'il avait pu appeler un jour, du "résiduel", qu'il s'apprêtait à laisser derrière lui, sans plus s'en soucier. Je me suis souciée, avec le soutien et l'accompagnement de sa sœur, Catherine, de ce formidable résiduel qu'il m'était impossible de laisser lettre morte.

Danièle Sastre, 2016

lien : laurentterzieff.blogspot.fr/

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