L'Existentialisme 1
Cela fait une semaine que je voulais faire un article sur l'Existentialisme... Tout était prêt. En tout cas dans ma tête et mes références-lecture... Hier matin, j'avais écrit (en pensée) l'"accroche" : ça donnait ça... "Qui s'intéresse encore de nos jours à l'existentialisme?... Personne, je pense, à part moi..."
Mais voilà, quatre petites existences sont venues ces derniers jours bouleverser la mienne, d'existence, et depuis rien ne m'intéresse (vraiment) ni ne me prend toute mon énergie et attention-concentration autant que 4 petites boules de plumes, enfin deux ou trois par-ci par-là, des plumes, plutôt de la chair rose, grossissant à vue d’œil d'heure en heure... (vision "existentialiste" à ne pas manquer...).
Mais reprenons (pendant qu'ils dorment dehors, au soleil du matin) les entreprises de la vie courante...
Donc, l'existentialisme. Pourquoi cet intérêt, chez moi ? Peut-être considérer le fait que je ne lis depuis quelques années pour ainsi dire que des philosophes écrivains qui ont vécu (et écrit) entre 1945-65, une double décade durant laquelle ce courant a prospéré. Et, en remontant plus loin ("entre les deux guerres"), toute écriture et pensée me semblent entachées d'un classicisme un peu pesant (Paul Valéry, que j'aime beaucoup néanmoins - mais quoi !, un peu d'air !... un peu moins de sérieux aussi!..., A. France, un peu trop de sagesse et de rationalité aussi... et bien d'autres...). Leur académisme est solide et bien pensé, mesuré, mais peut laisser froid, et je lui préfère alors le romantisme échevelé, souvent moins rationnel, mais plus enthousiasmant, de la fin du XIXe (Proust, "à cheval" sur les deux, faisant figure d'exception, aussi bien classique que résolument contemporain de toutes époques...). Et au-delà, plus proches de nous mais déjà lointaine (ça passe vite) les "penseurs" des années 70, dont la production littéraire et philosophique me replonge trop dans mes "années-études", dont il me reste quelques traces mais qui m'ennuient : chemins trop empruntés quand on voudrait prendre une voie neuve, pas vraiment débroussaillée - un sentier inconnu d'où on ne sait où il mène - s'il mène quelque part...
Donc, l'Existentialisme 1 (c'est tellement long, faudra couper ça en plusieurs "épisodes"...)
Parlant dans son Journal (1956) de son roman Ferdydurke ("existentiel jusqu'à la moelle"), qu'il a écrit en 1936-1937, et alors qu'on ne connaissait qu'à peine dans certains milieux, l'existentialisme, Gombrowitz écrit : "Je ne sais pas comment l'existentialisme pourrait devenir entre mes mains autre chose qu'un jouet, me laissant toute liberté de jouer - à être sérieux, à mourir, à lentement agoniser... Si je tiens à noter ici mes réflexions sur l'existentialisme ce n'est pas par respect pour mes jugements (ceux d'un dilettante), mais par respect pour ma propre vie. Lorsque je décris comme je peux mon aventure spirituelle (exactement comme si je décrivais mes aventures physiques), je ne saurais passer sous silence les deux faillites que j'ai eu à essuyer : la faillite existentialiste et la faillite marxiste." Ne plus penser à cette première faillite "à contrecœur", comme à quelque chose de mort, c'est ce que que Gombrovitz veut alors faire dans son Journal.
Les grands thèmes existentiels : devenir, création de soi-même, liberté, angoisse, absurde, néant... Avec, comme ajouté à cela, (les différences au sein de la même doctrine), la vie banale et authentique (Heidegger), la vie esthétique et religieuse (Kierkegaard), et une autre "sphère" encore, celle de l'immaturité. Cette sphère ou catégorie "nouvelle", Gombrowitz la désigne comme une contribution de son existence privée à l'existence existentialiste. Plus la conscience est profonde, selon les existentialistes (Kierkegaard, Sartre...) plus l'existence est authentique. Mais notre qualité d'homme est-ce sur la conscience qu'elle se fonde ? Conscience contrainte à l'extrême, elle se forme ENTRE nous, plutôt que de nous. En privé, l'homme n'est-il pas puéril, et toujours au-dessous de sa propre conscience ? Une "conscience" que d'ailleurs il ressent comme étrangère, imposée, non essentielle... Et il se pourrait que cet infantilisme larvé, cette dégradation secrète n'aient aucune peine à faire éclater tôt ou tard tous nos systèmes...
(à suivre...)
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