L'Existentialisme 5



Je fais le pari que les choses viendront s'écrire ici alors que tout s'achève en ce moment, notamment (en plus de ceux, réels, menés à bien, heureusement), les projets un peu vagues que j'avais avec quelqu'un - toujours aussi défaillant, ça ne change pas - comme celui de passer avec lui quelques jours en ce début d'été, et qui m'a smssisée aujourd'hui lâchement pour m'expliquer qu'il annulait pour "raisons de santé, déprime, découragement, maléfices autour de lui, désespoir, angoisse"... N'en jetez plus, la cour est pleine... Et en effet, dans ces conditions et vu le contexte, je préfère ne pas... ne serait-ce que passer trois jours et deux nuits avec lui au lieu des huit prévus... Pas déçue une seconde car à vrai dire j'avais déjà anticipé et sa possible défection et le fait que peut-être ce me serait difficile, même temporairement, de vivre avec quelqu'un actuellement. 
En fait, j'apprends peu à peu à me réjouir de minuscules petites choses. 
Comme par exemple ce matin apprendre par mail de mon voisin du denier étage qu'il pourra "venir jeter un œil" sur mon élevage (d'oiseaux) en mon absence quelques jours en août. J'attendais (en vain depuis plus d'une semaine mais c'est personne qui prend son temps, pour tout) sa réponse à ma requête, et la bonne nouvelle qui arrive... Et aussi, dans la journée, j'ai eu enfin réponse (sérieuse : dix autres ne l'étaient pas) à une annonce déposée sur Le bon coin, où je vends pour trois fois rien (presque donné) deux belles cages "pour oiseaux type canari" qui ne me servent plus et m'embarrassent. Le gars vient les chercher demain ("Yazid"), et j'en suis contente. Un truc (encore) de réglé. Que je vais pouvoir rayer de la liste. 
Et aussi, et surtout, j'ai passé hier une très douce journée avec ma petite fille. Mais ça, c'est une autre affaire. Une affaire d'un autre ordre, qu'il nous a pris cinq ans pour la mener à bien. 5 ans, son âge depuis quelques jours.
Le reste - tout le reste - n'a à vrai dire pas grande importance.

Est-ce que cet état où je me trouve n'est pas, semble-t-il, assez proche de "l'existentialisme"? Je me demande, et je retourne voir ce qu'il en est du côté de Gombrowicz... dans son Journal à lui. (1959)

"J'estime que le manque de cette expérience - l'expérience existentialiste - pour la culture polonaise, figée aujourd'hui et prise sans recours entre le catholicisme et le marxisme, ne fera une fois de plus que la retarder par rapport à l'Occident. L'existentialisme n'est nullement un problème intellectuel. Nous ne pourrons le vaincre qu'en choisissant une autre vie, une autre réalité. Car, en optant pour une autre réalité, nous devenons cette réalité. Au demeurant, dans le monde qui est en train de naître, il convient de dire adieu aux diverses méthodes de discussion "objective", de persuasion, d'argumentation. Ce n'est pas l'intellect qui dénouera nos nœuds gordiens; c'est avec notre vie, notre vie propre que nous les trancherons. Oui, je résiste à cet existentialisme - théorique et systématique - des philosophes! Si je le rejette, c'est pour ses résultats auxquels mon existence à moi n'arrive pas à faire face, que je ne parviens pas à assimiler. Je déclare donc que cette nourriture n'est pas pour moi et je la repousse. Et aussitôt que j'ai rejeté leur nuit existentielle, je fais revivre le monde ordinaire et concret, ce monde où je puis respirer. Il ne s'agit ici nullement de prouver que ce monde-là est la réalité véritable, mais de l'affirmer, ce monde intemporel, comme le seul où la vie soit possible.
D'où me vient donc cette aversion à l'égard de toute morale définie et engoncée, coincée dans un système? De mon amour pour la simplicité première. Je désire, moi, une morale relâchée - celle de ma nature; je veux garder la fraîcheur - et c'est précisément l'homme dont la morale est construite qui est pour moi affreusement déplacé ; il représente à mes yeux la mort de la vie morale. Mais quoi ? Le monde, autour de moi, devient de plus en plus édifié, construit : il ressemble de moins en moins à un arbre tout bruissant, et de plus en plus à une salle de bains. Enfermé à clef dans ce cabinet, je vomis. Lorsque sur mon horizon débouche un moraliste à la Sartre, il me fait l'effet d'un plongeur remontant des abysses, mais qui aurait oublié d'ôter son scaphandre. Calculé pour des pressions inhumaines, un masque affreux a fini par lui coller au visage." p. 410 Tome 1  



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