La vertu du rire
La différence entre moi et Pinget (Robert, dont je lis en ce moment le "Quelqu'un") mais de différences il n'y en n'a pas qu'une, déjà, il est mort et il écrivait ("nouveau roman") en 1965 quand moi je jouais encore aux indiens (oui, je jouais aux indiens et aux petites voitures et coureurs cyclistes en métal) avec mes copains en culottes courtes sales comme des peignes, dans la poussière des petits chemins de l'époque... enfin une des différences, donc, c'est qu'à part le fait que comme moi il se lève (levait) à huit heures et que comme moi il lui est impossible de "parler le matin" (même un simple "oui" l'indispose - surtout Oui...) c'est que je ne me méfie pas comme lui tellement de mes impressions... quand elles sont mauvaises ("bonnes", c'est différent). Disons en tout cas que je ne m'en méfie pas suffisamment. Je le sais. Me le dis et le redis à chaque "incident". Ou que j'y prends garde et y fais attention... un peu tardivement. Quand le mal est fait. Mais hélas l'expérience en ce domaine comme en d'autres ne sert pas à grand-chose. On a tendance à pencher tout le temps du côté de sa nature. Tu n'es pas méfiante, tu n'es pas méfiante... C'est comme ça. On n'y peut rien. Ce qui me freine ou me freinerait au moment où je devrais me rendre compte que quelque chose n'est pas normal, que je dois faire attention, c'est l'idée qu'à soupçonner tout le monde, me faire sans arrêt des idées à propos de tout et de rien, à la longue, si j'exagère en dosant mal ma méfiance, ça peut devenir grave. Y'en a pour qui et chez qui ça devient une vraie maladie. Je le remarque fréquemment. Mais d'un autre côté, croire que tout le monde est sincère et honnête peut finir par être tout aussi grave, par représenter un vrai danger pour soi. Mais c'est difficile d'atteindre un bon équilibre en la matière. De savoir jauger et doser. Car il y a des malins. On est emporté malgré soi, on brode, on s'échauffe et total on ne peut plus dormir tranquille. on voit des fantômes partout. La laideur, la vulgarité, la bêtise vous encerclent, il n'y a plus qu'elles partout. Du calme, du calme...
Robert Pinget... Je vois que j'avais noté à son sujet le 18 juillet, ceci : (ce n'est pas de moi car je commençais tout juste de le lire, donc, guillemets) "L'attention extrême, grave et joyeuse, que Pinget accordait aux mots... Pinget est un auteur où chacun peut trouver à s'alimenter. si l'oeuvre de Pinget est de celles qui désaltèrent, c'est qu'elle fabrique un monde où chaque lecteur peut projeter ses propres difficultés à vivre, et trouver par la vertu du rire ou d'une émotion causés par une simple tournure de phrase, l'énergie de continuer."
C'est vrai.

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