Entre nous (70)
![]() |
| Ce livre a été réédité maintes fois, depuis cette édition-là, en 1928 |
Vendredi
10 févr. 1995 Au marché : trouver suite du déguisement de
"cavalerie" pour fiston. Fatiguée car fille aînée rentrée à 2h du mat (baby-sitting, first time), je l'ai attendue.
Croix de
Chavaux. Quelques pas au bois (Porte Jaune).
Calmes,
on est calme.
Quand il
a appelé, à 15h, je dormais.
Après, tout va très vite. Je suis contente de le
retrouver car je me suis réconciliée avec moi-même. Lui-même paraît pétri de bonnes intentions, et d'emblée sans avoir encore lu ma lettre (ma lettre d'excuses), il
me parle bien, simplement et tendrement.
Pas
d'ironie, pas d'amertume, pas de cynisme. Il est gentil, c'est tout. Je n'en
demande pas plus. C'est étonnant : il aura fallu toute
cette crise pour que je sache vraiment ce que j'attends de lui, qui paraît peu mais qui est énorme à mes yeux : de la gentillesse ! Et cette gentillesse, c'est
aussi ce que je pense pouvoir donner aux autres, à
lui y compris, si on ne fait pas pression sur moi, jour après jour, pour obtenir autre chose "en plus", d'indéfinissable exactement : l'amour, et tout son cortège de conneries...
Samedi 11
févr. Millepages. M'achète livre de Claude Roy, Les rencontres des jours, et
aussi Pourquoi les oiseaux chantent (Jacques Delamain), dans sa plus récente édition.
Lundi 13
févr. Auchan. Le récit du WE (il a sorti sa mère). Quelques pas au Parc du Tremblay (réussir sa "sortie", il demande - sa sortie de la
vie ? - oui, quoi d'autre ? de quelle sortie veux-tu que je parle...)
Maintenant
je suis calme. Comme libérée mais en douceur. Sans fracas. Je suis calme et déterminée. Je ne me laisse plus
embarquer.
Savoir où est son propre bonheur, son plaisir. Admettre qu'il n'est
pas là où est celui de l'autre. Pas forcément. Et pas en même temps.
Se connaître mieux. Refuser de se laisser cataloguer.
Ne pas
tenir compte du regard de l'autre : il varie. Ne pas se définir soi-même par rapport à ce regard-là.
Pour l'écriture, même chose. Oser quitter le
chemin qu'on a emprunté au début, qui nous est cher parce que premier, ayant à voir avec l'origine. Ne pas rester vissée à lui, comme une huître à son rocher.
Mardi 14
févr. Acheté au marché grand Atlas des oiseaux. Pas cher, pas de texte vraiment intéressant, mais de
grandes et belles photos.
Bry sur
Marne ("c'est avec ce visage-là que tu m'as abordé un jour...")
Saint
Valentin : - Je ne me sens pas
concerné. - Moi non plus.
On en est
là.
Mercredi
15 févr. SH (texte ordinateur) Appel de SL, depuis
Bercy.
Jeudi 16
févr. Tapé texte de SH. Il vient en début
d'aprem.
Avec SL,
Bercy Carrefour (papeterie et
pellicule photo)
SH le
soir (encore ordinateur, et photos de mon fils et son déguisement, pour envoyer à
ma mère)
Vendredi
17 févr. Petite lettre pour Cl. Roy, envoyée chez Gallimard.
Carnaval
: mon fils en tenue de soldat de la Guerre de Sécession.
Long tel
de SH, en début d'aprem.
Croix de
Chavaux ensuite avec SL (yeux gris et sous-pull gris, il a un air "hautain",
mais est très beau). Porte Jaune, en fin
d'après-midi.
VACANCES
SCOLAIRES qui commencent...
17h :
petit coup de blues. Ne pas se laisser prendre.
18h :
Timbres. Une heure dans la boutique de philatélie
(timbres "oiseaux" : je commence une collection...)
Samedi 18
févr. Message pour SL (habituel, enfin celui pas du WE mais de
"début de congé") :
J'espère que...
Passe une
bonne...
Prends
les choses...
Je
t'..........................
Lundi 20
févr. 1er jour de vacances-enfants. Franprix.
Un petit tour au bois tout de même, vers 16h. On parle "carrière" et "cancers"...
Mardi 21
févr. 8h, mal à la gorge. 9h, préparée trop tôt (pour faire quoi ? tout le
monde dort), je me recouche. Pluie. Aprèm sortie-mini av. enfants.
(pas d'appel SL)
Mercredi
22 févr. Croix de Chavaux
("l'histoire des jonquilles" : il ouvre son coffre de voiture pour y prendre un sac pour les courses et en sort un
petit bouquet de jonquilles, bien calé dans un coin, qu'il me tend,
sans plus de cérémonie. À coté, je vois qu'il y en a un deuxième. - Celui-ci est pour ta
femme, ou pour ta mère ? je demande. - Je sais pas
encore. Vais voir. Ma femme s'en fiche pas mal. Ma mère ne voit plus grand-chose, il faudrait lui expliquer...
tout ça... J'en ai acheté deux, en fait, parce que la petite roumaine qui les
vendait, tendant vers moi son grand panier, était extrêmement jolie...)
Ensuite
nous abordons en une heure, trois thèmes : le cancer, la mort, l'écologie... (c'est lui-même qui tient à me le faire remarquer...)
- Je te
préviens, on n'a pas beaucoup de
temps pour traiter tout ça, je n'ai qu'une heure à peine à te consacrer car je vais à une projection privée à 4h, vers Pigalle... Une amie à moi est en train de terminer un film... je vais lui filer
un coup de main.
- Bien.
Au fond, si je n'étais pas là, tu ferais peut-être quelque chose de tes journées... Ta vie serait plus enrichissante, qui sait ?
- Plus
agitée, sans doute... Mais tu es
là. Justement... (enfin parfois).
- Oui. Tu
as raison. Ne cherchons pas à envisager une autre histoire,
qui n'a pas eu lieu.
- Au
fait, je me demandais, tu écris toujours ? Tu n'en dis
plus rien...
- Je ne
sais plus, ou toujours pas, ce que veut dire écrire. La question même n'a plus lieu d'être. Disons qu'écrire n'est plus pour moi une
nécessité, à peine un besoin. J'écris, donc, mais pas de la façon
qui fait qu'à la question écris-tu toujours ? je puisse répondre Oui.
- C'est
curieux comme les choses changent. Avant on aurait dit que tu ne vivais que
pour ça...
- C'est
curieux surtout comme les choses sont devenues plus simples... Et en un sens
plus compliquées, si l'on s'en tient à une réelle authenticité et non plus aux seuls faits de mon existence. Je n'accorde
plus d'importance comme c'était le cas auparavant à l'acte même d'écrire. Je ne me vois plus le faisant. Je ne tiens plus à être "quelqu'un qui écrit" et à en avoir conscience
clairement.
- Peut-être cela t'est-il devenu plus naturel, plus inscrit en toi,
faisant alors vraiment partie de ta vie ?
- Oui,
peut-être. Il y a de l'écrit en moi, mais je n'écris
pas. On peut dire les choses comme ça. L'écrire a trouvé sa juste place...
Jeudi 23
févr. Auchan Fontenay, Brasserie
de L'Europe. Il y a du vent, en sa terrasse. On doit retenir nos tasses thé-café, ainsi que l'addition... Et nos paroles aussi. Mais ça, pas à cause du vent...
Vendredi
24 févr. Mémophone, déjà (la série des messages, à déposer quotidiennement,
pendant les vacances, pour dire à l'autre : je suis
là)
Lundi 27
févr. Le matin, j'apprends que
ma voisine s'est faite agresser en rentrant la nuit, son mari était en train de garer la voiture au parking souterrain,
samedi dernier vers deux heures, ils rentraient d'une soirée pour le carnaval, dans le hall (agressée par le voisin de l'immeuble
en face ? je me demande, car le type est rentré
derrière elle quand elle a fait le
code...). Elle a le visage tuméfié, l'épaule démise. Elle a ramassé la culotte (de femme, en
dentelle rouge) tombée à terre quand il prenait la fuite, que l'individu - mâle, Blanc, de taille moyenne - lui a frottée
sur le visage avant de l'agresser, pour la montrer aux flics en cas de besoin, comme "preuve"...
J'appelle la police (demande à parler à l'inspecteur Deswartes : je le connais depuis l'épisode de Noël, et les vitres brisées, chez nous).
Et si notre JPP était l'auteur de cette agression ? La voisine doit venir
porter plainte elle-même, dit l'inspecteur.
À Paris, l'aprem (hôpital Cochin). Au retour, passer par Nation, au café du Bouquet du Trône, boire thé av. SL (récits des événements du jour... il adore...
cet homme manque d'animation dans sa vie, je me dis. Moi, j'aimerais bien qu'il
y en ait un peu moins).
Mercredi
1er mars Très mal dormi la nuit. SH à
15h (travailler texte-photos). Message SL arrive à
ce moment-là, pour annuler notre RV prévu à 17h (sans explication... il
est fâché de me savoir avec SH, j'en déduis).
La nuit
me sens tracassée (à cause du voisin cinglé, agresseur maintenant...).
Sentiment d'insécurité (surtout pour mes filles).
Jeudi 2
mars Mon souci décroche un peu. Grand ménage salon (changer meubles de place) 16h Bois Vincennes.
Restés dans la voiture à parler (1h). Soir, SH pour filtre et dernières corrections texte. Film : Un américain à Paris. Fini livre de Claude Roy, Les rencontres des jours.
Vendredi
3 mars Auchan (2 BD d'Edika) Brasserie de l'Europe
Samedi 4
mars Giboulées de mars avec NEIGE ! Reçu lettre de Claude Roy, en forme de poème. Je la lis sous la neige, mon caddie pour Franprix à la main...
3 mars 95
La rencontre
des jours
C'est un
chardonneret
Vous
a-t-il dit
que c'est
de ma part
qu'il est
allé vers vous ?
Heureux
chardonneret
qui unit
les amis
qui ne se
connaissaient pas
et grâce à lui
sont réunis
Danièle Sastre
et
Claude Roy




Commentaires
Enregistrer un commentaire