Entre nous (71)
Lundi 6
mars 1995 Rentrée.
Tel. de SH qui dure longtemps. Auchan
Fontenay av. SL, puis bords de Marne.
Je ne me
formalise plus quand il me reproche...
1/ d'être "au téléphone" alors qu'il doit m'appeler, vers 2h...
2/ quand
il dit "souffrir bien assez déjà", à cause de moi...
3/ quand
il pratique la provocation, pour voir ma réaction...
Je ne
tombe plus comme avant dans tous les panneaux. Je ne sais si je dois m'en inquiéter ou m'en réjouir. Avec moi, autrefois, il
jouait sur du velours, je réagissais au quart de tour,
prenant chacune de ses attaques au pied de la lettre. Maintenant, ce n'est plus
sur du velours qu'il joue, mais sur une vieille moquette râpeuse, qui gratte mais est inusable, imperméable, anti-taches...
Résistante à tout.
À toutes ses remarques désagréables, plaintes, jérémiades et reproches, je ris.
Et j'ai
envie de l'embrasser.
Au moins,
il est vivant. Ou bien fait semblant...
Mardi 7
mars Matin : Banque de France pour
devises (même pas pour moi...) Aprèm Bercy, La Cour romaine,
café du centre commercial.
Chercher chaussures (pour moi). Lui, sommeil.
Mercredi
8 mars Tel de SL, assez tôt. N'a pas de voiture. Il cherche à me faire dire que "du coup", on ne se verra pas,
(à cause de ça, alors qu'on se voit rarement, le mercredi...)
- Tu
voudrais que je dise, là, au téléphone, que sans voiture, tu ne
m'intéresses pas... C'est ça? Que ce ne soit pas toi
qui annules notre rencontre (qui n'était pas prévue, note bien)... Je te vois venir...
Bon,
alors je le dis : - Sans voiture, on ne se verra pas, c'est trop compliqué, et puis il ne fait pas beau, d'abord... Voilà. C'est fait. Tu peux raccrocher.
Vexé, il ne rappellera pas l'après-midi.
C'était à prévoir...
Le
lendemain
- J'ai
mis la voiture au garage hier, un mercredi,
parce que c'est le seul jour où l'on ne se voit pas, en
principe.
- Oui.
Bien. Et alors, pourquoi tu m'as appelée juste pour me dire ça ?
- Je sais
pas. Ah si, comme c'était mercredi, donc, je pensais aller voir une amie,
mais comme je n'avais pas l'auto ce jour (à cause de toi, vu que c'est le seul
jour où
je puisse la mettre au garage), eh bien je n'ai même
pas pu aller voir cette amie...
- Et
fallait que tu me le dises...
- Non,
t'as bien vu, je ne t'en ai pas parlé... de ça. Enfin, je suis pas idiot...
- Je
sentais bien qu'il y avait un truc, excuse-moi... Maintenant, je comprends. Il
fallait que tu me signifies que c'est de ma faute si tu ne vois plus jamais tes
"amies", et c'est de ma faute donc,
si tu n'as "que moi"... Débrouille-toi un peu avec tes
salades. Viens pas m'enquiquiner avec tout ça,
un mercredi, en plus...
- Je te
hais.
- Oui, je
sais.
- En
fait, pour tout dire, au point où l'on en est, j'ai mis la
voiture au garage ce jour-là, pour l'avoir vendredi afin
de conduire la copine de mon fils à ses examens...
- De
mieux en mieux, dis-donc... Tu me fais chier. Tout ça, c'est tes histoires à
toi. J'en ai rien à faire.
Il
faudrait mettre un peu d'air dans notre relation. Liberté, liberté !
Jeudi 9
mars Auchan
Bagnolet (on achète des BD pour mon fils). Nous
nous faisons la gueule mutuellement et poliment. Ensuite Montreuil, parc
au-dessus du cimetière (ambiance...).
Vendredi
10 mars Journée de merde. Les devises que
j'avais commandées ne sont pas arrivées (plus aucune trace de ma commande...). Une de mes amies à qui j'avais à sa demande envoyé un manuscrit me le renvoie accompagné, je m'en doutais, d'une lettre assassine... Cette attaque en règle ne me laisse pas aussi indifférente que sur le moment je voudrais le croire. Mais je ne réponds pas. Ce serait trop simple. Lui dire que je n'ai pas l'intention - du tout - de reculer. Je n'ai pas "choisi" d'écrire, comme elle semble le penser, ni n'ai l'intention de me laisser dicter par d'autres ce qu'il est permis d'écrire... C'est cela, ma responsabilité. Rien d'autre. C'est à l'auteur de redéfinir ce qui est permis. Pas au lecteur. Rien ne doit se cacher dans le roman. Ainsi de suite... A quoi bon ? A quoi bon lui faire part de lui tout ça...
Quant à l'autre, Serge, monsieur ne sait pas si l'on "pourra se voir", car il accompagne (comme prévu, ce n'est pas un scoop, me l'a déjà dit, et plusieurs fois) la copine de son fils, "toute la journée", à ses exams, au Panthéon...
Quant à l'autre, Serge, monsieur ne sait pas si l'on "pourra se voir", car il accompagne (comme prévu, ce n'est pas un scoop, me l'a déjà dit, et plusieurs fois) la copine de son fils, "toute la journée", à ses exams, au Panthéon...
Qu'ils
aillent se faire foutre !
15h : on
prend le thé, quand même, dehors au café du bord du Lac.
Et on évite, de justesse, l'engueulade...
Tant
mieux, car je n'aurais pas eu la force.
Samedi 11
mars Vu JPP (le voisin barré), sur le pas de la porte de
son immeuble. Il s'est retourné pour me regarder longuement
ouvrir la mienne de porte. Même pas peur ! J'ai soutenu son
regard, glauque et sournois. Constaté que de près, il était tout pâle. Peau blanche, extrêmement, livide même. Psychopathe.
23h : Il
balance son aspirateur par la fenêtre, et autres projectiles.
Une crise commence. Avec mes voisins, nous appelons la police... et l'attendons
dans le hall... jusqu'à 0h30... Pas pressées, les forces de l'ordre... Arrivés enfin, ils nous disent qu'ils ne peuvent pas allés chez lui car il y a un code d'entrée à la porte de son immeuble, et
ils ne le connaissent pas... Pendant ce temps, les projectiles sur notre
courette et façade côté cour de l'immeuble continuent
de pleuvoir... "Il est chez lui, de toutes façons, on peut rien faire...", dit le chef de la troupe
des uniformes. Ce n'est que la police
municipale, je réalise, pas les flics à qui j'ai eu affaire précédemment pour la même histoire, et le même bonhomme...
Je monte
me coucher. La nuit, je rêve que je tue JPP de plusieurs
coups de couteau.
Mon fils
fait un cauchemar à 3h, et un autre à 3h05... Son père, parti la veille pour
Toronto, je suis seule avec les enfants. Je me sens seule. Comme toujours.
JPP, pour
finir la nuit en beauté, lance encore quelque chose
dans la cour. Bam !
Dimanche 12 mars Lettre au maire. Faire signer
la lettre par six personnes de l'immeuble.
Lundi 13
mars Porter la lettre-pétition à la Mairie (suis bien reçue).
Tribunal d'Instance (pas reçue). Vu JPP dans la cabine téléphonique, juste devant chez
nous (couru chez ma voisine, celle qu'il avait agressée en février la nuit dans le hall,
mais elle était absente, sans quoi je lui
aurais montré l'individu, pour voir si elle
le reconnaît, ainsi que demande la
police...).
SL pour thé à la maison. Trouvé cadeaux et lettre de SH
dans la boîte aux lettres. Avec SL, en soirée, à la Porte Jaune (aire des
oiseaux).
Guetter
JPP qui porte maintenant casquette et lunettes... (on se croirait dans un
film, à peine s'il ne s'est pas collé une moustache à la Mesrine...)
Confrontation
prévue pour vendredi 15h30, au
poste de police. Ma voisine a peur de ne pas le reconnaître... "C'était la nuit, dit-elle, tout
s'est passé très vite..." Elle guette son retour chez lui, dans la voiture à l'arrêt avec son mari, depuis que je l'ai vu téléphoner d'une cabine, pour le visualiser dans d'autres conditions. Mon autre voisine (la "commandante") l'a
reconnu dans la rue elle aussi (en ce moment, il sort beaucoup... fait semblant d'avoir une vie tout ce qu'il y a de plus normal). Il s'est retourné plusieurs fois sur elle. C'est ce qui a éveillé son attention, dit-elle. Sinon... (elle est assez âgée). Il essaie de faire peur.
Mais raté. Enfin, je ne suis plus seule à connaître sa tronche. Mais lui aussi
nous reconnaît, et il a l'air mauvais en ce
moment... J'espère ça va aller. Il faudra tenir jusqu'à vendredi, et être prudents...
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