Entre nous (97)



Vendredi 16 août 1996

Salman ne viendra pas me voir à la mer ainsi qu'il l'avait promis. Je l'ai su par François qui a déjeuné avec lui dimanche dernier à Paris. - Mais il t'a écrit, me dit au téléphone mon mari comme pour lui trouver une excuse (ah ben? ça va alors... tu me rassures). C'est qu'ils sont devenus amis. Je le lui ai présenté il y a huit ans, quelque temps avant la naissance de notre fils. Ils se sont bien entendus. Et c'est comme cela que ma liaison avec Salman a d'ailleurs pris fin et que notre amitié a pu débuter... Parfois je le regrette, je regrette la passion et les cris, parfois non. C'est bien ainsi.
Il m'a écrit, mais quatre jours plus tard, la lettre n'est toujours pas arrivée. Salman est l'homme des promesses qu'on ne tient pas et des projets qui n'aboutissent jamais. Il faut le savoir. C'est ainsi. Il est constamment défaillant. En tout. Même Serge ne le bat pas sur ce terrain-là. Serge, qui pourtant dans le domaine est assez fort. Du coup, à force, entourée d'hommes éminemment pusillanimes, je me suis habituée à ne plus croire en rien ni en personne. On me dit je viendrai, je pense : c'est ça, mon coco... On me dit j'écrirai, je pense : je ne crois pas...
Ceux qui font, ne disent pas, c'est ce que j'ai appris.
Depuis que Salman connaît François il a transféré sur lui toute une part de l'attachement qu'il avait pour moi. Cet attachement qu'on a pour ses parents et qui indifféremment va de l'un à l'autre, au père ou à la mère, selon les circonstances, car Salman a beau être plus vieux que moi de quelques années il se maintient dans une enfance en recherche permanente de tuteurs affectifs. Il lui arrive même parfois, voulant dire mon prénom, de lâcher à la place celui de François. Jamais l'inverse. Je n'ai pas remarqué qu'il pouvait faire l'erreur dans l'autre sens. Et je ne m'en amuse guère, je ne sais pourquoi. Sans doute cela me fait songer que lorsque j'ai rencontré Salman c'était à une période où je voulais prendre mes distances avec François pour de multiples raisons (question de survie, entre autre), mais je fis alors l'erreur de parler souvent de lui à Salman, et c'est par François plus que par moi qu'il fut attiré. Il m'aura tout pris, celui-là. À cette époque, il faut dire, je m'étais retirée de tout commerce avec les hommes, et avec qui que ce soit d'ailleurs, occupée que j'étais par une nouvelle maternité. Et Salman commença alors à ne plus venir à la maison que pour y dîner, avec moi, mon mari et les enfants. Invité par François, le plus souvent. Personnellement, je préférais le voir seule à seul. Il se pointait encore de temps en temps à l'improviste, dans la journée quand j'étais occupée avec le bébé. Et cela voulait dire alors qu'il avait un problème dont il voulait me parler ou quelque chose à me demander. Pour le travail. Il assistait au bain de l'enfant dans la salle d'eau, assis sur la cuvette des toilettes refermée et me faisait part de ses déboires avec les femmes, ses déceptions surtout. Cela me distrayait. Un jour, à l'heure du bain justement, et alors que j'en étais à sortir de l'eau le petit et l'essuyer, de but en blanc il me demanda les coordonnées d'un psychanalyste. Nous nous étions assis en tailleur sur le tapis du salon, l'enfant entre nous dans son petit peignoir en train de monter une tour de cubes avec application. Salman l'y aidait et j'allai chercher pour lui dans mes papiers le numéro d'un bon, d'un très bon psy, que je réservais pour les cas profonds, pas les petits mal-être passagers... Puis je le vis de moins en moins. Je sus, par l'analyste en question, qu'au bout de quatre ou cinq séances, Salman avait "abandonné", s'était défilé plus exactement, je ne pus m'empêcher de traduire en moi-même... Il n'allait pas bien. J'étais en train de perdre un ami et je savais que je ne pouvais rien faire pour lui.
Toute différente fut la rencontre qui allait suivre. Serge, lui, était calme. Du moins ne laissait-il rien paraître au début de ses sentiments. En avait-il ? je ne pouvais l'affirmer, mise à part peut-être, qui émanait de lui, une gentillesse posée d'homme vieillissant, mais encore sûr de plaire. Flatté peut-être qu'une jeune femme se jette à son cou comme j'avais pu le faire dès le début. Notre premier échange véritable eut lieu l'après-midi, et la ligne de téléphone, dans chacune des deux maisons, fut bloquée durant quelques heures par notre dialogue avide, fait de mots, de découvertes, de silences, de promesses et de souvenirs qui défilaient à toute allure. Nous étions tous deux tombés - nous le sentions - du jour au lendemain dans une relation dont nous craignions sans raison qu'elle ne soit dévastatrice, emportant tout sur son passage. Une de celles qui ne laisse rien, mais rien du tout derrière elle. Quel bonheur! L'amour était là! Et pas une petite pointure... Sans arrêt je pensais à ce qui était en train de se passer. Jour et nuit. Inlassablement je me répétais les mots, les milliers de mots que nous avions commencé de déposer entre nous. Ils vivaient de leur vie propre, poursuivaient leur route bien après que nous eussions raccroché le téléphone, nous réveillaient dans le silence de la nuit, nous berçaient au matin. Serge n'avait aucune retenue, aucun sens de la mesure, ni réserve aucune. Ses mots tout comme son corps envahissaient tout l'espace, ne vous laissant guère de place, ni le temps pour vous accoutumer. 
Survint une période probatoire qui dura deux mois pendant laquelle nous nous vîmes toujours en présence de mon enfant, qui n'allait pas encore à l'école. Le reste, l'intimité, c'était pour les longs appels téléphoniques durant lesquels nous commentions l'un l'autre la moindre parole, les sentiments qui circulent, passant d'un côté ou de l'autre, des plus forts aux plus intérieurs, ceux minimes et ceux imposants, que nous avions pu éprouver au cours de la rencontre de l'après-midi et tandis que chacun à tour de rôle nous poussions la poussette autour du lac, jusqu'à ce que l'enfant s'endorme. Cette période, du temps de la découverte approfondie et minutieuse, faite de patience et d'attentes où nos cœurs s'emportaient et nos esprits s'échauffaient de manière inéluctable, fut suivie d'une autre, bien plus douloureuse et brutale qui devait durer elle aussi deux mois : la Séparation. Notre première séparation. Alors que nous venions à peine de nous trouver. Tout l'été. Tout l'été, vraiment ? Il n'y a pas possibilité, même toute petite, pour que... Non, il n'y a pas. Pas la moindre. Mais comment fait-on, déjà, pour vivre sans l'autre ?
Nous survécûmes.
Aujourd'hui, c'est le sixième été où nous survivons l'un sans l'autre. Il peut dire tu me manques chérie et je suis content que tu me manques. Et moi, je suis capable d'écrire la seule chose qui me manque c'est que tu me prennes dans tes bras. On en est là. Tout est dit en ces deux phrases. Pendant ces six années, qu'avons-nous appris de l'autre ? Rien. Quand je l'ai rencontré, je voulais à tout prix faire un livre sur lui. C'était non seulement un besoin, une envie, mais une nécessité aussi. Il préférait pour sa part que nous nous aimions. Nous nous sommes aimés. Et à certains moments, je pense : ton livre - ce livre - il y a trop d'histoires dedans, et la majeure partie n'est qu'une fiction utopique...

Dimanche 18 août

Il reste encore une semaine mais il me semble que les vacances sont finies à présent. Serge continue d'attendre mes lettres. Parfois elles arrivent, parfois non. Il dit qu'il s'ennuie. Sa femme est partie. Il est seul. J'espère qu'il rentrera en même temps que moi ainsi nous ne perdrons pas de temps à s'attendre mutuellement. Mais il est bien capable de ne pas même trouver la force de revenir. Je sais qu'il va encore traîner là-bas son ennui un moment. Avant de pouvoir prendre une quelconque décision. Je peux toujours lui manquer, il peut s'ennuyer de moi et vouloir me revoir au plus vite mais il n'y a pour autant pas de connexion directe chez lui entre ce manque et son retour. Il est lent en toutes choses, de plus en plus lent, et quand il se trouve quelque part, lui qui ne bouge jamais, c'est tout une affaire pour qu'il en revienne.
Salman m'a laissée choir comme toujours, m'envoyant une lettre précieuse ornée d'oiseaux, pour se justifier probablement. Du travail et pas de voiture pour me rejoindre. Deux excellentes raisons, pour une défection. En réponse à ma dernière lettre, il dit : "Votre lettre était bien originale et même assez stimulante pour moi car elle m'a permis de faire un bilan de ce que nous avons pu partager depuis une dizaine d'années... J'ai vu qu'effectivement une relation comme la nôtre est assez rare pour ne pas dire unique. Merci encore pour tout ce que vous êtes pour moi."
Comment peut-on remercier quelqu'un d'être seulement... Pourquoi remercier ? Et son pour moi..., qu'entend-il par là ?... Bizarre. Souvent, cet homme, je ne le comprends pas. Et je ne le verrai pas non plus à mon retour car ce jour-là, il "part pour l'étranger".
Je sais ce qu'il va se passer à mon retour. Rien. Je vais retrouver Serge, comme les autres années. Sa mère en moins, et lui, un peu plus vieux. Tous les jours, sauf le week-end, je vais aller à sa rencontre.

Lundi 26 août

Après plusieurs coups de fil de revenants, ceux de l'été, mais aussi ceux de l'autre temps, le temps d'avant, un ancien compagnon de galère d'il y a vingt ans qui voulait m'entreprendre sur des problèmes d'éducation avec sa fille, du même âge que mon fils (je déteste ce qu'on appelle "l'éducation", ça m'ennuie profondément, que chacun enfin se débrouille avec sa progéniture), je suis allée prendre une douche et me suis faite belle dans l'idée que je verrai peut-être Serge aujourd'hui. Je me suis rasé les jambes et les aisselles et me suis enduite le corps d'une crème pour prolonger le bronzage. Mais je savais bien qu'il était toujours à la mer. Et en effet, il m'a appelée l'après-midi. Il ne rentrera qu'en fin de semaine. Je l'ai vertement engueulé : Ça va... tu n'es pas trop pressé... Enfin si tu préfères la mer à moi, c'est ton droit... Il riait et moi j'étais heureuse de l'entendre, rien que de l'entendre, et même pas déçue de ne le revoir que dans huit jours. Quel changement ! Quelle évolution dans mon attitude...
J'avais trouvé la maison à mon retour dans un état déplorable. François y avait non pas vécu mais séjourné, le soir après le travail et les week-ends, tout seul pendant trois semaines. Et s'occuper d'une maison, il ne sait pas faire. Ça ne l'intéresse ni ne le concerne pas le moins du monde. Les deux oiseaux étaient presque morts, sauf le chardonneret, pleine forme!... lui, il est né dans le monde sauvage, la "jungle", c'est pour ça... Les plantes d'extérieur sur la terrasse, toutes desséchées, le marsaule couvert de feuilles jaunes recroquevillées et le sorbier aux oiseaux totalement dénudé. Mes quatre bonsaïs que je chéris tant et soigne avec application étaient tout rabougris, bons à aller directement à la poubelle. Plus rien à en espérer. J'en ai pleuré. François ne sait donc pas verser régulièrement un tout petit peu d'eau sur la terre des plantes (il ne le faisait "que le dimanche", et alors, beaucoup trop, "pour rattraper"...). Le plafond de la salle de bains était tout cloqué, et la peinture, écaillée sur environ trente centimètres à cause d'une fuite d'eau chez les voisins du dessus. Il n'avait pas même remarqué. Ah si, il s'était demandé si c'était "normal"... puis n'y avait plus pensé. Jamais il ne s'inscrit ni ne s'implique dans la vie domestique. Il n'y a pas de rôle défini pour lui, et lui, de toute façon, ce n'est pas un rôle, c'est une fonction qu'il se verrait bien attribuer, une de celles avec du pouvoir, et qui soit suffisamment gratifiante. Pas comme tenir une maison. Une lettre de la banque pour couronner le tout nous rappelait qu'il y avait sur notre compte joint un découvert excédant de beaucoup celui convenu. Et enfin tout était sale, d'une saleté qui ne se voit pas immédiatement mais se laisse découvrir petit à petit. Tu vas de surprise en surprise. La cuisine, le frigo, les WC, les draps, la baignoire, le lave-linge, la machine à sécher... tout, absolument tout, était crade, semblant abandonné par toute trace de la main et de la vie humaines. Il m'a fallu deux jours entiers pour tout remettre à peu près en ordre. J'entretenais en moi-même heure après heure une sorte d'état nauséeux concernant ce retour désastreux.
J'ai trié des jouets tout l'après-midi afin de faire de la place dans le bureau pour y mettre une volière. François a gagné, il est très fort pour mettre tout le monde en cage, ainsi que je lui avais dit, fâchée, au cours de la dispute que nous avions eue, déjà, au bord de la mer juste avant de rentrer...
Tandis que je lui parlais des oiseaux que j'avais pu observer dans le jardin, il m'avait lancé : À propos... d'oiseau... je ne veux plus que celui que tu as chez nous à Paris vive en liberté dans la chambre de notre fille... Je l'ai coupé net : - Écoute, je n'ai pas du tout envie d'en parler pour l'instant... On vient à peine de se retrouver, après trois semaines...
- Mais il le faut ! On ne peut pas continuer comme ça. La chambre est dégueulasse, l'oiseau crotte partout. La pathologie aviaire, tu sais, ça existe... Ne pourrais-tu pas l'amener ici et le relâcher dans le jardin puisque tu me dis que tu en as vu de son espèce ? Avec ses congénères, il survivrait peut-être...
- C'est ça... peut-être... Demande à ta fille, tiens, ce qu'elle en pense... Cela fait trois ans qu'il vit en appartement avec des humains... il est incapable de se défendre contre les prédateurs et de se nourrir seul, tu sais bien, voyons... ne fais pas l'ignorant. Vraiment, tu as le chic pour mettre fin à tout ce qui est unique, rare, tout ce qui n'est pas normal, qui selon toi "dépasse"... Je trouve ça désolant. Et petit-bras. Toi et ton goût de l'ordre et de la propreté... d'une certaine netteté plutôt. Ça me déprime. Un appartement sans plantes vertes, sans animaux, c'est cela que tu veux ?... Moi, je ne pourrais pas y vivre...
- Ah je vois... Je suis "petit-bras", j'ai l'esprit court et toi... bien sûr... les idées larges, un cœur plein de générosité, un esprit fait pour la liberté... Je passe, moi, à côté de plein de choses. Je n'ai aucune sensibilité... mais je veux, oui, que cet oiseau sorte de là !...
Il criait.
- Ah! Ne crie pas en plus!, j'ai crié... (qu'est-ce que ça peut être con, tout de même, je pensais en même temps, une dispute de couple...). C'est justement pour ça que je ne voulais pas en parler ce matin... Je savais bien qu'on s'engueulerait. Et tu crois peut-être qu'il suffit de gueuler un grand coup pour imposer son avis et tous ses désirs ? Ça ne marche pas avec moi. En tout cas, je n'abandonnerai pas l'oiseau que moi et les enfants nous avons recueilli, sous prétexte qu'il te dérange.
- Alors, mets-le dans une cage, au moins.
- Tu es très fort, j'oubliais, pour priver les autres de liberté. Bravo!
Et me voilà, le lendemain du retour, à faire de la place pour installer, après être allée seule l'acheter et la rapporter en métro, une volière spacieuse, d'où je me suis fait promesse de sortir l'oiseau tous les jours pour qu'il retrouve son espace habituel de vol pendant la balade, et les câlins et jeux sur nous...
Le soir, en rentrant (tard), celui qui avait exigé ce changement, au lieu d'en être content (avoir été obéi...) faisait tout de même grise mine car nous n'avions pas rangé les choses comme il l'entend...
Le soir, silence pesant dans le lit. Je lui en voulais. Je ruminais des pensées plus ou moins philosophiques (la première condition requise pour connaître une certaine stabilité, c'est de désirer réellement exister. C'est la seule chose nécessaire au bonheur. Felicitas, de Spinoza... Personne ne peut se conduire bien ni vivre bien s'il ne désire pas vivre. Est-ce que je veux exister?, là est la seule question...) et d'autres, sur la vie en général, l'échec relatif du couple, les plumes d'oiseau qu'il nous faut y laisser... Quoi qu'on fasse. Les positions prises (dans la discussion) typiquement délirantes. Celles où l'instrument majeur se trouve être l'opinion que l'on a de soi, et la matière première, sa réputation ou son standing... Mes pensées partaient dans tous les sens. Quand on cherche le bonheur, on doit s'attendre à de mauvais résultats. Tout était comme enchevêtré à l'intérieur. Et encore, le fait qu'il n'existe ni loyauté, ni générosité, ni aucune des autres vertus sacrées. Sacrifier sa pauvre personnalité, braillarde et mesquine. L'ennui teinté d'angoisse, les nuits d'insomnies féroces. Les après-midi tiédasses, assommants, l'épreuve continuelle de la joute sexuelle et l'épouvantable égocentrisme qu'elle implique. Parfois je m'étonne de survivre à tout cela. Ne pas demander d'aide. Les personnes les plus névrosées aspirent invariablement au pouvoir, il vaut mieux ne pas l'oublier. Ne solliciter personne sans quoi on se retrouve à la merci de ces esprits furieux qui t'infligent ce qu'ils savent ou croient savoir. Leur "vérité"... Souvent je suis attirée par les idées des autres qui ne sont pas les miennes et j'ai du mal à penser par moi-même. Je dois simplifier. Il me faut simplifier mes perceptions par la connaissance et ma propre expérience. Pas celle des autres. Et alors, qui sait, petite touche d'espoir en ce temps morose, l'opposition à ce que l'on veut t'imposer, la véritable opposition, pas juste dire non, puis l'acte qui suit de céder mais à un certain niveau peut alors devenir amitié...

Jeudi 29 août

Il m'a téléphoné d'une cabine en face de la mer "déchaînée". Je lui ai fait récit de la consultation à l'hôpital hier. Mon fils va se faire opérer. Il le savait. C'est pour cela qu'il appelait. Pour savoir comment cela s'était passé. Avec le chirurgien orthopédiste. Plusieurs fois j'ai eu envie de pleurer en lui racontant. Je me suis retenue. Il y a des choses que je ne pouvais pas dire sans m'étrangler de chagrin. Il a dit : Écoute chérie, je t'aime et je pense à toi. Je pense aussi au petit. Je vais revenir.
Je crois qu'il pleurait lui aussi.

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