comprendre-pardonner n'est pas connaître-excuser
La passion - cette sorte de passion car la passion n'existe jamais en soi sous une forme générale - n'est pas quelque chose sur quoi nous risquons un jour de "tomber", mais qui suit ses propres cycles et nous est donné. Quand elle s'éteint on croit que la mort va être toujours suivie de plus de mort encore. Il n'en est pas ainsi. La mort est toujours en train d'incuber une nouvelle vie.
Vie et mort ne s'opposent pas, il faut apprendre à les maintenir ensemble comme le côté gauche et le côté droit d'une même pensée. Dans une même histoire plusieurs fins interviennent mais toute perspective de la fin des choses fait peur. On fait en sorte de se trouver une liste de tâches à accomplir, avec inscrit d'un côté ce qui vit, de l'autre ce qui meurt. Et de cette liste on a l'intention d'aller jusqu'au bout, pour équilibrer un peu les choses. Plutôt que d'en faire quelque chose de négatif, ceux qui connaissent le cycle complet de la vie respectent ses largesses et ses leçons.
Notre peur de la mort contamine une grande partie de notre connaissance de la vie et nous n'avons qu'une capacité réduite à évoluer selon les cycles qui lui sont propres. Nous ignorons ces forces qui sont pourtant en nous. Ces forces ne nous "font" rien.
La vie est une danse de vie et de mort composée des parties de nous-mêmes qui savent très bien quand quelque chose peut, devrait ou doit venir au monde et au contraire quand cela doit mourir...
Qu'est-ce qui meurt? Les illusions, les attentes, le désir d'avoir, de posséder, de ne regarder que la belle face des choses. Tout ceci meurt. Tout ce qui avait commencé avec la meilleure volonté du monde devient incertain et finit par trébucher à la fin de la période rose. On doit passer à un type de relation plus sérieux et moins intense, où il est alors question de faire appel à tous ses talents, à toute sa sagesse.
Aimer, cela veut dire rester avec. Cela veut dire s'extirper soi-même d'un monde de fantasmes pour entrer dans un univers où quelque chose, face contre face, tempérament vis-à-vis d'un autre tempérament, peut durablement tenir. Aimer, c'est rester lorsque tout vous indique de prendre la fuite. Filer aussi loin que possible.
Il n'y a nulle part où se cacher. Aucune plongée en sa tanière n'est rendue possible. On sent que quelque chose nous pourchasse, où que nous allions. Parfois on croit qu'il s'agit de l'autre, qui nous colle aux basques. En réalité, ce qui nous poursuit ce n'est rien d'autre que notre propre intention d'avoir voulu tisser un lien particulier avec une personne qui continue de nous harponner de sorte qu'on n'arrive pas à lui échapper. Quand on tente de s'extraire de son histoire, celle-ci prend vie de plus en plus. Au cours de la phase de la poursuite, on essaie de rationaliser : "Ce serait mieux avec quelqu'un d'autre", se dit-on, "il doit exister quelque part une autre personne, que je ne connais pas encore", "je ne veux pas renoncer à...", "je ne suis pas prête à affronter encore de nouvelles blessures, ni celles de quelqu'un d'autre - encore moins...". Le cœur bat follement. La tête bourdonne. On ne veut pas être transformé sans savoir de façon précise à quoi nous allons pouvoir ressembler après.
Terrible que d'être pris au piège! C'est un trésor peut-être qui nous échoit, mais pas un trésor du type que nous avions imaginé, mais plutôt du genre de ceux qu'on nous a appris à redouter. Nous essayons alors de nous enfuir ou de le rejeter - et parfois, erreur tout aussi funeste, nous cherchons à l'embellir...
Comprendre, c'est peut-être aussi d'une certaine façon pardonner. Mais j'en ai assez de chercher à comprendre. La quasi-totalité des personnes que je côtoie semble avoir de bonnes raisons de ne pas être "aimable" (au sens de se rendre apte à se faire aimer). Ces raisons, je ne les conteste pas, je me contente de les évaluer quand je le peux - quand on me donne l'occasion et les moyens de le faire - et je veux bien les admettre (pour certaines = l'âge, la négligence ou la désinvolture qui se trouvent être le travers de presque tout le monde, la "maladie" : soit) mais je trouve profondément injuste que ce soit toujours à moi de comprendre et de pardonner. De passer l'éponge, comme on dit. S'ils passaient de temps en temps la serpillière sous leurs pas en évitant de laisser des traces sales derrière, moi je n'aurais pas à "passer l'éponge" et alors j'aurais peut-être plus envie de leur faire plaisir librement et en pleine conscience de le faire.
Mais comprendre, anticiper-prévoir, penser à l'autre, on dirait que ce n'est jamais à eux de s'en soucier, le monde étant apparemment constitué de telle sorte que les gens malheureux qui se conduisent mal ou "pas très bien" ont toujours droit à l'excuse parce qu'ils ne sont - semble-t-il - pas maîtres de leurs actes, alors que les gens malheureux qui font attention de se conduire bien souffrent, eux, de plus en plus de la mauvaise conduite des autres, jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et cessent à leur tour de ménager leur entourage. Et c'est sans fin.
Vie et mort ne s'opposent pas, il faut apprendre à les maintenir ensemble comme le côté gauche et le côté droit d'une même pensée. Dans une même histoire plusieurs fins interviennent mais toute perspective de la fin des choses fait peur. On fait en sorte de se trouver une liste de tâches à accomplir, avec inscrit d'un côté ce qui vit, de l'autre ce qui meurt. Et de cette liste on a l'intention d'aller jusqu'au bout, pour équilibrer un peu les choses. Plutôt que d'en faire quelque chose de négatif, ceux qui connaissent le cycle complet de la vie respectent ses largesses et ses leçons.
Notre peur de la mort contamine une grande partie de notre connaissance de la vie et nous n'avons qu'une capacité réduite à évoluer selon les cycles qui lui sont propres. Nous ignorons ces forces qui sont pourtant en nous. Ces forces ne nous "font" rien.
La vie est une danse de vie et de mort composée des parties de nous-mêmes qui savent très bien quand quelque chose peut, devrait ou doit venir au monde et au contraire quand cela doit mourir...
Qu'est-ce qui meurt? Les illusions, les attentes, le désir d'avoir, de posséder, de ne regarder que la belle face des choses. Tout ceci meurt. Tout ce qui avait commencé avec la meilleure volonté du monde devient incertain et finit par trébucher à la fin de la période rose. On doit passer à un type de relation plus sérieux et moins intense, où il est alors question de faire appel à tous ses talents, à toute sa sagesse.
Aimer, cela veut dire rester avec. Cela veut dire s'extirper soi-même d'un monde de fantasmes pour entrer dans un univers où quelque chose, face contre face, tempérament vis-à-vis d'un autre tempérament, peut durablement tenir. Aimer, c'est rester lorsque tout vous indique de prendre la fuite. Filer aussi loin que possible.
Il n'y a nulle part où se cacher. Aucune plongée en sa tanière n'est rendue possible. On sent que quelque chose nous pourchasse, où que nous allions. Parfois on croit qu'il s'agit de l'autre, qui nous colle aux basques. En réalité, ce qui nous poursuit ce n'est rien d'autre que notre propre intention d'avoir voulu tisser un lien particulier avec une personne qui continue de nous harponner de sorte qu'on n'arrive pas à lui échapper. Quand on tente de s'extraire de son histoire, celle-ci prend vie de plus en plus. Au cours de la phase de la poursuite, on essaie de rationaliser : "Ce serait mieux avec quelqu'un d'autre", se dit-on, "il doit exister quelque part une autre personne, que je ne connais pas encore", "je ne veux pas renoncer à...", "je ne suis pas prête à affronter encore de nouvelles blessures, ni celles de quelqu'un d'autre - encore moins...". Le cœur bat follement. La tête bourdonne. On ne veut pas être transformé sans savoir de façon précise à quoi nous allons pouvoir ressembler après.
Terrible que d'être pris au piège! C'est un trésor peut-être qui nous échoit, mais pas un trésor du type que nous avions imaginé, mais plutôt du genre de ceux qu'on nous a appris à redouter. Nous essayons alors de nous enfuir ou de le rejeter - et parfois, erreur tout aussi funeste, nous cherchons à l'embellir...
Comprendre, c'est peut-être aussi d'une certaine façon pardonner. Mais j'en ai assez de chercher à comprendre. La quasi-totalité des personnes que je côtoie semble avoir de bonnes raisons de ne pas être "aimable" (au sens de se rendre apte à se faire aimer). Ces raisons, je ne les conteste pas, je me contente de les évaluer quand je le peux - quand on me donne l'occasion et les moyens de le faire - et je veux bien les admettre (pour certaines = l'âge, la négligence ou la désinvolture qui se trouvent être le travers de presque tout le monde, la "maladie" : soit) mais je trouve profondément injuste que ce soit toujours à moi de comprendre et de pardonner. De passer l'éponge, comme on dit. S'ils passaient de temps en temps la serpillière sous leurs pas en évitant de laisser des traces sales derrière, moi je n'aurais pas à "passer l'éponge" et alors j'aurais peut-être plus envie de leur faire plaisir librement et en pleine conscience de le faire.
Mais comprendre, anticiper-prévoir, penser à l'autre, on dirait que ce n'est jamais à eux de s'en soucier, le monde étant apparemment constitué de telle sorte que les gens malheureux qui se conduisent mal ou "pas très bien" ont toujours droit à l'excuse parce qu'ils ne sont - semble-t-il - pas maîtres de leurs actes, alors que les gens malheureux qui font attention de se conduire bien souffrent, eux, de plus en plus de la mauvaise conduite des autres, jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus et cessent à leur tour de ménager leur entourage. Et c'est sans fin.
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