Sujet du livre 5
Pendant très longtemps, la littérature française a été écartelée… a été même prise on peut dire, dans une fausse contradiction entre ce qu’on appelle la forme et le contenu. D’un côté il y avait le contenu, c’est-à-dire l’idéologie, qu’on appelle aujourd’hui de façon pudique « le narratif » (pour moi l’idéologie est bien plus que le narratif : ‘narratif’, c’est juste ce que le livre raconte), et de l’autre côté la forme, assez mystérieuse, pur jaillissement mental, c’est-à-dire non pas se référant à l’écriture, ça c’est quelque chose qui est complètement tabou – on ne parle pas de bien écrire ou de mal écrire – où l’écriture demeure quelque chose de spontané, qui doit rester secret, privilégié, pas à la portée de tout le monde ; c’est le privilège de l’écrivain, et on ne demande pas à l’écrivain de rendre compte de son idéologie, active ou sous-jacente, pas plus de se positionner sur « le contenu » de son écrit. Cela est lié au statut social de l’écr...